Toujours près de Bassano

Je suis toujours près de Bassano dans la maison d’une amie, je profite pour découvrir la régions, à vélo ou à pied, mais surtout pour écrire beaucoup dans ce qui je l’espère deviendra un livre de recettes de cuisine simples et adaptées au bivouac. Évidement je fais quelques tests culinaires avec un certain succès, en particulier quelques risotti et un far breton aux fraises des bois.

Quel Parfum !

Succulent, ça faisait longtemps que j’avais envie de me lancer dans des préparations de gâteaux au réchaud. La maison que j’occupe se trouve dans les collines environ 450m plus haut que Bassano et mon entraînement principal consiste à aller faire les courses et à remonter 2 ou 3 fois par semaine avec les sacoches pleines de légumes et de boissons, la pente est honorable oscillant entre 6 et 10 %. L’idéal pour se réhabituer à grimper doucement et surtout pour acclimater mon corps à l’effort sous la chaleur. 

Far breton aux fraises des bois. Cuisine de Bivouac

Depuis quelques jours mon dérailleur qui a déjà été tordu et redressé un ou deux fois donne vraiment des signes de faiblesses, il faut dire aussi qu’un maladroit a réservé Grimp’tout d’un violent choc de charrette de super marché, le dérailleur tombé sur une bordure a pris cher ! Je décide de profiter d’une de mes balades en villes pour tenter de faire réparer.

La ville, tout en bas…

Trois options s’offrent à moi. Premierement la grande marque bleue, française bien connue, je préfère éviter, j’ai toute les chances de tomber sur un mécanicien qui n’y connaît pas grand chose et dont l’âge me laisse déjà supposer que les shifter non indexés de Grimp’tout seront pour lui une énigme antique. Deuxièmement, un magasin qui semble bien achalandé de toute les grandes marques modernes et de beaux vélos full carbone, j’hésite. Troisièment, un petit bouclard dont l’officine ne paie pas de mine, mais où j’ai l’intuition que je vais tomber sur un mécano compétant. Je choisi évidement ce dernier, sans avoir la conviction qu’il disposera des pièces had hoc. Je tente ma chance et je fais bien.

Mécanicien de choc

Non seulement le mécanicien est compétant, sympathique et souriant, il accepte de réparer immédiatement et ne me pousse pas à le dépense. Il tente dans un premier temps de démonter le dérailleur pour le redresser, je n’y crois pas trop, mais j’apprécie la démarche qui consiste à ne pas, par défaut, me vendre une pièce neuve. Il remonte, ça marche, mais ce n’est pas parfait… Je décide quand même de remplacer la pièce défectueuse compte-tenu des km qui m’attendent. Il s’excuse dix fois, il n’a pas de grande marque, mais une sous marque qui fonctionne bien, et dont le prix est plus que raisonnable. Avec des shifter indexé modernes j’hésiterai. Mais avec mon système à l’ancienne, je ne doute pas trop que ça fonctionne bien. J’en profite pour faire changer aussi les câbles et gaines qui ont bien vécu. Pendant qu’il travaille nous discutons voyage dans un mélange d’italien, d’anglais et de roumain, on se comprend c’est le principal. Je passe vraiment un bon moment dans son officine dans laquelle le port du masque est « interdit », le patron m’explique qu’il se vaccine à coup de Marlboro.

Pendant la réparation, un cycliste tout fluo, en vélo course carbone arrive, il entre, ne salue pas, mais demande une réparation urgente. D’un air bougon qui me rapelle mon pote Rossa de Fun Bike à Bruxelles, il envoie le gars se faire voir, lui affirmant être occupé sur le vélo d’un voyageur et que c’est pour lui beaucoup plus important que celui de quelqu’un qui n’est pas capable de dire bonjour en entrant. Je me marre. Je repars avec Grimp’tout réglé comme une montre suisse, les rayons retendus et parfaitement équilibrés… Et sans que ça ne me coûte un bras. Comme le disait un grand voyageur, bien connu dans le monde du vélo, mais dont je terrai le nom parce qu’il a vraiment mal tourné, étant devenu candidat RN aux élections régionales, le comble pour un tourdumondiste à velo. Il faut toujours voyager avec un vieux vélo, car chaque panne est l’occasion d’une belle rencontre… 

Pradiplado

Jeudi, je prendrai la route vers les montagnes, direction la Slovénie.  Ça va grimper un peu…

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