A table sur un fil de Soi-e

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08/04/21

Le départ, enfin !

Je suis parti de la maison dimanche, pour un tour de Belgique en attendant l'ouverture des frontières et ma deuxième dose de vaccin. Malgré une météo qui s'annonçait maussade pour quelques jours, attendre plus longtemps pour démarrer un long voyage pendant lequel j'en verrai d'autres n'avait que peu de sens. Après quelques images de mon village que je quitte sûrement pour longtemps, je décide d'une journée de nostalgie et d'un petit « pèlerinage » sur quelques lieux clés de mon enfance. Quitte à tester le chargement et ma capacité à grimper, autant le faire en lieu connu, les 14% de la rue où j'ai vécu petit, me semblent tout indiqués. Ça passe facilement, tout va bien. Je m'arrête devant ce qui fut ma maison et je sonne, sympathique discussion avec la propriétaire actuelle qui me fait une chouette photo souvenir. J'avais prévu de bivouaquer dans les bois, mais c'est finalement sur le divan d'amis que je dors, m'offrant ainsi le plaisir le lendemain de partager les premiers km avec eux.

Le lendemain, après une étape sur des chemins que je connais par coeur, je dors chez une ancienne collègue et amie, je me réveille relativement tôt, il a neigé, un peu plus de 5cm recouvrent le jardin. Je me prépare lentement, le temps que les routes se dégagent finalement bien. Je prends la direction de Charleroi par le canal, la météo semble hésiter entre l'hiver et le printemps, l'automne aussi peut être ? Une chose est sûre, l'été se fera encore attendre. Mais le plaisir de la route en douceur, sans forcer me comble. A l'approche de Charleroi, les vitesses de mon vélo commencent à avoir un comportement étrange, seul mon petit plateau semble encore fonctionner. Une rapide inspection me permet de constater que j'ai perdu 2 des 4 visses qui devraient tenir mes deux plus grands plateaux. Merde ! Les vélocisites et réparateurs de vélos n'étant pas considérés comme essentiels, je dois prendre rendez-vous pour espérer une réparation, faute de laquelle je serait condamné à ne rouler que sur mes plus petits développements prévu pour les fortes ascensions. Finalement c'est au « Point Vélo » de la gare de Charleroi que j'atterris, où un sympathique et jeune mécanicien trouve rapidement les deux visses qui me manquent. Le système de payement étant libre, je mets dans la tirelire le peu de monnaie que j'ai sur moi. Il faudra si je repasse par Charleroi, que je pense à aller faire un petit don qui correspond mieux au service rendu, je n'ai vraiment pas grand chose en poche, mais je repars le vélo réparé et c'est le principal.

Le soir, route de la soie oblige c'est à Soye que je bivouac dans le jardin d'une amie, nous refaisons le monde bien tard évoquant bon nombre de vieux souvenirs de mon enfance encore. Il neige encore un peu pendant la nuit, mais bien équipé, j'ai presque trop chaud dans mon nouveau sac de couchage, la chaleur me réveille et je suis obligé de l'ouvrir un peu. C'est bon signe pour la suite, l'équipement tient le coup.

Courte étape, le 4ème jour pour rejoindre de vieux amis et leurs enfants, mes filleuls, afin de passer un petit moment avec eux. Promenade à pied en ville et journée de pose et d'écriture. Vous en saurez plus dans les prochaines éditions.

A suivre...
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Superbe. Bravo et surtout courage. Amitié

Bon voyage !

Bravo bravo....

Ses beau vous nous faites voyager

Extra

Top les infos merci

Merci de ce partage qui nous fait découvrir la Belgique 2👍😍🚴‍♂️

Merci de nous faire voyager avec ces magnifiques photos....je pense que c'est ça la VRAIE Vie...bon courage et bonne route... 👍

Ah! Je les attends, tes récits et c’est toujours un régal... que sera-ce quand tu nous parleras de tes repas? 😜

C’est super de mettre des informations sous la plupart des photos. C’est beaucoup plus intéressant ainsi.

Beau récit pour cette première semaine, heureusement que ton problème mécanique arrive maintenant, proche de ta région !!! bonne route à toi.

Génial ton début de voyage. Je suis allé à Tubize rencontrer des cyclovoyageurs...

Merciiiii

Salut nous aussi sur les routes belges depuis le 1/04. Actuellement en route pour Bruges

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Demain enfin le départ en mode 4 saisons. Pour un tour de Belgique qui deviendra vite un plus long voyage dès que les frontières sont ouvertes et que je serai vacciné complètement. Beaucoup sinterrogent sur mon chargement, jugé excessif. Pourtant je vous promet, excessif, ce nest pas du tout mon genre. MDR ;-) 

Voici donc quelques réflexions qui mont amené à conclure que voyager léger est, pour moi, et jinsiste « pour moi », une absurdité. 

Cet article pourrait sintituler « Réflexion sur le chargement et le minimalisme, entre « poids plume » et « poids lourd »... ou pourquoi faut il un permis CE pour piloter Grimptout ? »

Il faut partir léger ! Tu es trop chargé ! As tu vraiment besoin de tout ça ? Ce nest pas comme ça quil faut voyager à vélo ! Le voyage à vélo doit être minimaliste... Que de réflexions nai je entendu par dautres voyageurs pour lesquels mon chargement est excessif. Il nont pas forcément tord, mais il nont pas forcément raison non plus. Je mexplique.

Jai fait mon premier voyage à vélo quand javais 15 ans, jen aurai bientôt 52. Jétais parti avec un petit sac à dos militaire de type charrue lombaire et vraiment le strict minimum. Quelques années plus tard jai rencontré Gégé,  mon beau père, cyclo acharné et « bike-packer » avant lheure. Un intégriste du gramme qui allait jusquà couper le manche de sa brosse à dents pour salléger, il avait de lexpérience et un palmarès qui en ferait pâlir plus dun. Il ma offert ma première paire de sacoches et fait part de son expérience. Moi jeune débutant inexpérimenté, je lai écouté. Et même si je nai jamais été jusquà couper ma brosse à dents, je partais léger, avec presque rien. Jai fait ainsi mes premiers « vrais » voyages un peu partout en Europe et en particulier dans les massifs montagneux. Javais avec moi le strict minimum, une popote ultra légère, un mini réchaud, quelques vêtements, une petite tente, un matelas « galette ». Je mangeais des pâtes presque tous les jours, jai parfois eu froid faute de vêtements suffisants, mon moral flanchait souvent après 2 ou 3 semaines parce quun minimum de confort me manquait, dans lassiette surtout. Je mangeais mal, je ne dormais pas mieux, je ramenais des photos pourries, je navais rien pour parer aux imprévus de la routes. Je garde dexcellents souvenirs de ces premiers voyages, la preuve, jai continué à voyager beaucoup, mais chaque fois je revenais un peu frustré quand même, fatigué physiquement, et usé moralement. Lentement avec les années jai commencé à me charger un peu plus. A emporter un peu de matériel de cuisine, un matelas plus confortable, des vêtements pour parer à tout, quelques livres, un peu de musique. A chaque départ Gégé regardait le contenu de mes sacoches et systématiquement me faisait la liste de ce quil naurait pas emporté, à chaque voyage cette liste sallongeait des choses que javais encore ajoutées. Parfois je lécoutais partiellement et abandonnais lun ou lautre objet dont lessentialité pouvait se discuter. Chaque fois je regrettais cet abandon à un moment ou lautre de la route, mon confort me manquait, certes jamais la première semaine, mais ensuite. Lannée passée encore, je suis parti de chez moi avec mon matériel « complet », mon confort et un vélo équipé de 5 sacoches et dune remorque pour un poids total de près de 70kg. Après quelques étapes au début cest toujours un peu dur de prendre le rythme, jai abandonné une partie de ce qui pouvait paraître superflu chez un ami, chacun des objets abandonnés ma manqué à un moment ou lautre de ma route. 

Jai fini par conclure que voyager léger ce nétait vraiment pas ma tasse de thé, que cétait bien pour quelques jours en mode « micro-aventure » minimaliste mais que sur le long court, ce nétait pas pour moi. Jai adapté mon vélo à mes choix. La remorque permet de soulager un peu le cadre et les roues dune partie du poids. Jai installé des développements encore plus courts que ceux que javais au départ. Gégé disait que javais des pignons qui permettaient l’ascension de la Tour Eiffel par la face nord. Jai changé ma façon de voyager, ne prévoyant plus jamais mes étapes en acceptant de faire plus court. Jai appris à rouler plus lentement et dans certains cols, plus lentement que des randonneurs à pied. Et ça me convient parfaitement. Cela ne veut pas dire que je ne tiens pas compte du poids de ce que jemporte, bien au contraire, ça reste un paramètre évidemment important, mais je nen fait pas une obligation. Chaque objet de mes sacoche a son utilité, si pas quotidienne, en tout cas régulière, et me procure un réel confort dont découle un réel plaisir. Jassume mes choix, mais ne les impose à personne, je ne fais pas comme « il faut », je fais comme jaime et pour moi cest là lessentiel. Ne faites, ni comme je dis, ni comme je fais, faites comme « cest bon pour vous ». 

Il ny a pas si longtemps, un jeune « gravelliste », mexpliquait : « le minimalisme » sous une forme que je ressentis comme fort dogmatique puisque cette façon de faire était pour lui la seule valable. Il voulait me limposer, il était mal tombé. Partir avec rien et se contenter de peu. Je nai évidement rien contre, et même avec mes 70kg de bazar, je ne porte quand même pas ma maison sur le dos, encore moins mon four à pizza, ni ma cuisine équipée (quoi que pour la cuisine on peut discuter), comme certains me le suggèrent. Le minimalisme du jeune homme consistait, en matière de repas à se contenter de la mini popote, du mini réchaud et à se régaler (ce sont ses mots pas les miens) de quelques pâtes « à rien » ou de repas lyophilisés industriels les jours de grand luxe. Certes cest minimal, mais pour moi cest surtout le plaisir qui est minimal, cela fournit les calories nécessaires pour pédaler, mais rien de plus.  Jai tendance à voir le minimalisme sous un autre angle, sous une autre forme. Cuisiner des produits locaux fabriqués par des artisans de qualité, manger des plantes sauvages, des récoltes effectuées en route, se régaler des orties, des plantains, des lierres terrestres, des champignons sauvages, des jeunes feuilles darbres comestibles, de mollusques ramassés sur le littoral... en limitant mes achats dans les commerces de grande distribution quau strict minimum. Pour moi, cest aussi un minimalisme, consommer le moins de produits industriels possible et en particulier jamais, mais alors là JAMAIS de lyophilisés pleins dadditifs et de si peu de parfums et de plaisir. Certes cela implique un peu moins de minimalisme sur le contenu des sacoches, un vrai réchaud à essence modulable en intensité, une belle popote (deux casseroles, une poêle), une « mixette » à main, quelques épices, un fouet pour les crêpes (indispensable ça, les crêpes !)... et certainement beaucoup plus de temps consacré à la préparation de mes repas. Je nimpose toujours rien, ce sont mes choix. Mais quon ne vienne pas me dire que ce sont de mauvais choix quils ne sont pas assez minimalistes. Je sais que, pour moi, en faire un autre, à la mode « bike-packing » serait le mauvais choix, jai essayé. A nouveau, ne faites ni comme je dis, ni comme je fais... Faites « comme il est bon pour vous ». 

En matière de vêtements aussi, jai toujours un peu trop. Même si je nai quasi jamais froid, jai peur du froid et jai donc avec moi de quoi y parer. Jai aussi toujours avec moi, un jeu de vêtements de ville, qui me permet de me sentir à laise si je vais au restaurant, au spectacle (ça je fais beaucoup dans les pays de lEst de lEurope) ou chez des gens qui m’invitent. Je vous rassure, je nai pas mon smoking, juste une tenue de ville un peu plus « convenable » et propre. 

Jai aussi avec moi, un peu de matériel de marche, qui me permet de changer de moyen de transport et de randonner à pied quelques jours, quand lidée men fait envie. Des chaussures, des bâtons de marche et un sac à dos. En ce domaine, je suis partisan des objets « multi usage ». Les chaussures et le sac sont parfaits pour visiter les villes à pied. Les bâtons de marche servent de pied pour le vélo, décarteur de trafic et le cas échéant darme contre les chiens errants. Le reste du matériel de randonnée est commun à celui du vélo. Même sil est évident que, dans ce cas, je cède à plus de minimalisme, ce nest pas le vélo qui porte mais mon dos.

Le dernier poste sur lequel, je serai surement taxé dexcessif est le matériel électronique. Jai avec moi de quoi faire de belles images, un appareil photo réflex et son trépied léger, un petit drone. Jai mon ordinateur portable pour écrire et traiter mes images en route et un petit micro pour prendre des sons convenables. Jemporte aussi une liseuse qui contient quelques centaines de livres et mon casque audio à réduction de bruit pour lindispensable musique et les environnements urbains trop bruyants qui mettent mon hyperesthésie dans le rouge. 

Bref, une fois de plus, ne faites ni comme je dis, ni comme je fais. Faites comme « cest bon pour vous », mais ne venez pas mimposer vos choix comme étant meilleurs que les miens. Chacun les siens ! 

Répartition du poids : 

Les deux sacoches arrière : Cuisine et les réserves de l’écureuil 12,1kg
Les deux sacoches arrières : Vêtements, drone, ordinateur 14,9kg
Sacoche de guidon : Appareil photo, « gadgets » électroniques, papiers 4,5kg
Sac de la remorque 21kg 

Total bagages : 52,5kg
Vélo + remorque : 22,5kg

Total matériel 75kg

Bonhomme, habillé avant départ 107kg... cest sur ce poste là, que les gains de masses sont les plus probable, le reste étant forcément mon essentiel;-) 

Liste matos : Pas forcément parfaitement exacte, mais le principal est là : 

Matériel roulant : 
- Grimptout Koga Miyata version globe Traveller 2001 
- Remorque Bob Yack et son sac
- 4 sacoches Vaude dont deux avec pochette lattérale 
- 3 élastiques porte bagage 
- 3 bidons 1l
-  drapeau 

Couchage 
- tente Hubba Hubba NX deux place, son tapis de sol et sardines de rechange 
- sac de couchage RAB Ascent 900 en duvet, confort -10°
- sac à viande DKT
- couverture survie

Cuisine 
- réchaud Coleman 533 essence
- bouteille carburant MSR 1l 
- entonnoir à carburant
- popotte Trangia (2casseroles, une poêle, un couvercle) 
- passoire alu récupérée dune ancienne popotte
- paravent DKT
- 5 petits pots à épices : sel, poivre, curry, parpika, ail en poudre (très variable en fonction des humeurs et envies)
- 3 bouteilles à liquide : Huile dolive, vinaigre, sauce soja (variable) 
-  assiette plastique DKT
- bol plastique DKT
- petit saladier, principalement pour la fabrication des pâtes
- gobelet plastique, qui sert aussi dunité de mesure dans la réalisation des pâtes
- 4 boites à bouffe hermétiques DKT, le plus souvent cubes de bouillon et levure chimique, café, sucre, farine (variable)
- Mixette à main, hachoir Téfal pour la fabrication des houmous et variantes sur le thème principalement. 
- Planche à découpe Ikéa petit modèle
- Couteau économe 
- Couteau type laguiole
- Ouvre boite (le plus simple du monde)
- mini spatules en bois 
- spatule / racloir silicone
- mini fouet, indispensable pour les crêpes et oeufs battus
- petite brosse à champignons qui sert aussi pour la vaisselle et les plantes sauvages
- couteau à huitre, pour les récoltes sur le littoral et parce que la vie sans huitres na que peu de sens 
- allume feu DKT
- aiguiseur couteau 
- rouleau à pâtisserie en bois artisanal, fabriqué spécialement pour moi par un ami et donc complètement indispensable 
- cuillère, 1 fourchette des vrais en inox, je déteste manger avec des couverts de rando légers, ça me gâche un repas
- tire bouchon, carrément vital !
- sac à légumes réutilisables pour les récoltes de plantes sauvages
- livre de détermination pour les plantes comestibles (guide DELACHAUX)
- briquet de secours
- filtre à eau Katadyn Vario (charbon et porcelaine) 
- bouloire Trangia pour le thé et autres décoctions de plantes
- cafetière bialetti mini, vital !

Trousse entretien réparation vélo 
- Cable cadenas AXA
- Leatherman + accessoires
- Rustines et minutes 
- Pince maillon rapide et maillons 
- Clé allen pliable 
- Lubrifiant chaine 
- Démonte chaine
- Adaptateur presta 
- Patins frein
- Cable frein
- Cable vitesse
- Goupilles remorque 
- Eclairage avant et batteries 
- 2 chambres à air
- Pompe à main
- Colier Rislan/Colson

Matériel électronique 
- Appareil photos et filtres + housse
- 2 disque durs 4 To
- Montre Garmin + câble de recharge  
- 1 ordinateur portable et chargeur 
- Câbles USB divers 
- Powerbank 20000 mAh
- Panneau solaire 24W / 3 sorties USB
- Téléphone
- Liseuse
- Casque Audio à réduction de bruit Bose
- Chargeur USB secteur, 3 sorties 
- Lampe frontale DKT rechargeable + 2 batteries supplémentaires
- Trépied appareil photo  
- Drone Mavic Air 2

Trousse de toilette et pharmacie 
- Serviette légère PackTowel
 -Brosse à dent
- Fil à dent
- Dentifrice
- Brosse à cheveux 
 -Ciseaux à barbe
- Coupe ongle
- Bassine pliable 5l
- Savon liquide
- Médrol (allergie sévères)
- Paracétamol 
- Anti-inflammatoires per os
- Goutte nez
- Sparadraps 
- Désinfectant spray
- Mitosyl
- Poudre anti-mycosique 
- Stick lèvres
- Crème solaire
- Anti-moustiques 
- PQ
- Aspivenin 
- Pince à tiques 
- Masques pangolin 
- Gel hydroalcoolique 

Vêtements 
- 2 pantalon
- 2 short
- 1 short ultra léger pour se laver quand il est impossible de se mettre à poil 
- 2 caleçons 
- 3 paires de chaussettes 
- 4 t-shirts 
- doudoune 
- veste pluie
- Pantalon pluie
- Maillot de bain
 - Lunettes de bain 
- Chaussures de marche
- Casquette
- Coupe vent 
- Poncho
- Surchausses
- Chaussette étanches 
- Gants étanches 
- Gants chaud
- Gants été
- Foulard
- Bonnet étanche sous casque 
- 7 pinces à linge
- Casque 

Confort 
- Matelas fitness coupé en trois, tapis de sol auvent 
- Lunette de lecture 1 claire, 1 foncée
- Lunette de vue 1 claire en verres progressifs, une foncé
- Jumelles 
- Hamac
- 22 arcanes du tarot de Marseille
03/04/21

Demain enfin le départ en mode 4 saisons. Pour un tour de Belgique qui deviendra vite un plus long voyage dès que les frontières sont ouvertes et que je serai vacciné complètement. Beaucoup s'interrogent sur mon chargement, jugé excessif. Pourtant je vous promet, excessif, ce n'est pas du tout mon genre. MDR 😉

Voici donc quelques réflexions qui m'ont amené à conclure que voyager léger est, pour moi, et j'insiste « pour moi », une absurdité.

Cet article pourrait s'intituler « Réflexion sur le chargement et le minimalisme, entre « poids plume » et « poids lourd »... ou pourquoi faut il un permis CE pour piloter Grimp'tout ? »

Il faut partir léger ! Tu es trop chargé ! As tu vraiment besoin de tout ça ? Ce n'est pas comme ça qu'il faut voyager à vélo ! Le voyage à vélo doit être minimaliste... Que de réflexions n'ai je entendu par d'autres voyageurs pour lesquels mon chargement est excessif. Il n'ont pas forcément tord, mais il n'ont pas forcément raison non plus. Je m'explique.

J'ai fait mon premier voyage à vélo quand j'avais 15 ans, j'en aurai bientôt 52. J'étais parti avec un petit sac à dos militaire de type charrue lombaire et vraiment le strict minimum. Quelques années plus tard j'ai rencontré Gégé, mon beau père, cyclo acharné et « bike-packer » avant l'heure. Un intégriste du gramme qui allait jusqu'à couper le manche de sa brosse à dents pour s'alléger, il avait de l'expérience et un palmarès qui en ferait pâlir plus d'un. Il m'a offert ma première paire de sacoches et fait part de son expérience. Moi jeune débutant inexpérimenté, je l'ai écouté. Et même si je n'ai jamais été jusqu'à couper ma brosse à dents, je partais léger, avec presque rien. J'ai fait ainsi mes premiers « vrais » voyages un peu partout en Europe et en particulier dans les massifs montagneux. J'avais avec moi le strict minimum, une popote ultra légère, un mini réchaud, quelques vêtements, une petite tente, un matelas « galette ». Je mangeais des pâtes presque tous les jours, j'ai parfois eu froid faute de vêtements suffisants, mon moral flanchait souvent après 2 ou 3 semaines parce qu'un minimum de confort me manquait, dans l'assiette surtout. Je mangeais mal, je ne dormais pas mieux, je ramenais des photos pourries, je n'avais rien pour parer aux imprévus de la routes. Je garde d'excellents souvenirs de ces premiers voyages, la preuve, j'ai continué à voyager beaucoup, mais chaque fois je revenais un peu frustré quand même, fatigué physiquement, et usé moralement. Lentement avec les années j'ai commencé à me charger un peu plus. A emporter un peu de matériel de cuisine, un matelas plus confortable, des vêtements pour parer à tout, quelques livres, un peu de musique. A chaque départ Gégé regardait le contenu de mes sacoches et systématiquement me faisait la liste de ce qu'il n'aurait pas emporté, à chaque voyage cette liste s'allongeait des choses que j'avais encore ajoutées. Parfois je l'écoutais partiellement et abandonnais l'un ou l'autre objet dont l'essentialité pouvait se discuter. Chaque fois je regrettais cet abandon à un moment ou l'autre de la route, mon confort me manquait, certes jamais la première semaine, mais ensuite. L'année passée encore, je suis parti de chez moi avec mon matériel « complet », mon confort et un vélo équipé de 5 sacoches et d'une remorque pour un poids total de près de 70kg. Après quelques étapes au début c'est toujours un peu dur de prendre le rythme, j'ai abandonné une partie de ce qui pouvait paraître superflu chez un ami, chacun des objets abandonnés m'a manqué à un moment ou l'autre de ma route.

J'ai fini par conclure que voyager léger ce n'était vraiment pas ma tasse de thé, que c'était bien pour quelques jours en mode « micro-aventure » minimaliste mais que sur le long court, ce n'était pas pour moi. J'ai adapté mon vélo à mes choix. La remorque permet de soulager un peu le cadre et les roues d'une partie du poids. J'ai installé des développements encore plus courts que ceux que j'avais au départ. Gégé disait que j'avais des pignons qui permettaient l’ascension de la Tour Eiffel par la face nord. J'ai changé ma façon de voyager, ne prévoyant plus jamais mes étapes en acceptant de faire plus court. J'ai appris à rouler plus lentement et dans certains cols, plus lentement que des randonneurs à pied. Et ça me convient parfaitement. Cela ne veut pas dire que je ne tiens pas compte du poids de ce que j'emporte, bien au contraire, ça reste un paramètre évidemment important, mais je n'en fait pas une obligation. Chaque objet de mes sacoche a son utilité, si pas quotidienne, en tout cas régulière, et me procure un réel confort dont découle un réel plaisir. J'assume mes choix, mais ne les impose à personne, je ne fais pas comme « il faut », je fais comme j'aime et pour moi c'est là l'essentiel. Ne faites, ni comme je dis, ni comme je fais, faites comme « c'est bon pour vous ».

Il n'y a pas si longtemps, un jeune « gravelliste », m'expliquait : « le minimalisme » sous une forme que je ressentis comme fort dogmatique puisque cette façon de faire était pour lui la seule valable. Il voulait me l'imposer, il était mal tombé. Partir avec rien et se contenter de peu. Je n'ai évidement rien contre, et même avec mes 70kg de bazar, je ne porte quand même pas ma maison sur le dos, encore moins mon four à pizza, ni ma cuisine équipée (quoi que pour la cuisine on peut discuter), comme certains me le suggèrent. Le minimalisme du jeune homme consistait, en matière de repas à se contenter de la mini popote, du mini réchaud et à se régaler (ce sont ses mots pas les miens) de quelques pâtes « à rien » ou de repas lyophilisés industriels les jours de grand luxe. Certes c'est minimal, mais pour moi c'est surtout le plaisir qui est minimal, cela fournit les calories nécessaires pour pédaler, mais rien de plus. J'ai tendance à voir le minimalisme sous un autre angle, sous une autre forme. Cuisiner des produits locaux fabriqués par des artisans de qualité, manger des plantes sauvages, des récoltes effectuées en route, se régaler des orties, des plantains, des lierres terrestres, des champignons sauvages, des jeunes feuilles d'arbres comestibles, de mollusques ramassés sur le littoral... en limitant mes achats dans les commerces de grande distribution qu'au strict minimum. Pour moi, c'est aussi un minimalisme, consommer le moins de produits industriels possible et en particulier jamais, mais alors là JAMAIS de lyophilisés pleins d'additifs et de si peu de parfums et de plaisir. Certes cela implique un peu moins de minimalisme sur le contenu des sacoches, un vrai réchaud à essence modulable en intensité, une belle popote (deux casseroles, une poêle), une « mixette » à main, quelques épices, un fouet pour les crêpes (indispensable ça, les crêpes !)... et certainement beaucoup plus de temps consacré à la préparation de mes repas. Je n'impose toujours rien, ce sont mes choix. Mais qu'on ne vienne pas me dire que ce sont de mauvais choix qu'ils ne sont pas assez minimalistes. Je sais que, pour moi, en faire un autre, à la mode « bike-packing » serait le mauvais choix, j'ai essayé. A nouveau, ne faites ni comme je dis, ni comme je fais... Faites « comme il est bon pour vous ».

En matière de vêtements aussi, j'ai toujours un peu trop. Même si je n'ai quasi jamais froid, j'ai peur du froid et j'ai donc avec moi de quoi y parer. J'ai aussi toujours avec moi, un jeu de vêtements de ville, qui me permet de me sentir à l'aise si je vais au restaurant, au spectacle (ça je fais beaucoup dans les pays de l'Est de l'Europe) ou chez des gens qui m’invitent. Je vous rassure, je n'ai pas mon smoking, juste une tenue de ville un peu plus « convenable » et propre.

J'ai aussi avec moi, un peu de matériel de marche, qui me permet de changer de moyen de transport et de randonner à pied quelques jours, quand l'idée m'en fait envie. Des chaussures, des bâtons de marche et un sac à dos. En ce domaine, je suis partisan des objets « multi usage ». Les chaussures et le sac sont parfaits pour visiter les villes à pied. Les bâtons de marche servent de pied pour le vélo, d'écarteur de trafic et le cas échéant d'arme contre les chiens errants. Le reste du matériel de randonnée est commun à celui du vélo. Même s'il est évident que, dans ce cas, je cède à plus de minimalisme, ce n'est pas le vélo qui porte mais mon dos.

Le dernier poste sur lequel, je serai surement taxé d'excessif est le matériel électronique. J'ai avec moi de quoi faire de belles images, un appareil photo réflex et son trépied léger, un petit drone. J'ai mon ordinateur portable pour écrire et traiter mes images en route et un petit micro pour prendre des sons convenables. J'emporte aussi une liseuse qui contient quelques centaines de livres et mon casque audio à réduction de bruit pour l'indispensable musique et les environnements urbains trop bruyants qui mettent mon hyperesthésie dans le rouge.

Bref, une fois de plus, ne faites ni comme je dis, ni comme je fais. Faites comme « c'est bon pour vous », mais ne venez pas m'imposer vos choix comme étant meilleurs que les miens. Chacun les siens !

Répartition du poids :

Les deux sacoches arrière : Cuisine et les réserves de l’écureuil 12,1kg
Les deux sacoches arrières : Vêtements, drone, ordinateur 14,9kg
Sacoche de guidon : Appareil photo, « gadgets » électroniques, papiers 4,5kg
Sac de la remorque 21kg

Total bagages : 52,5kg
Vélo + remorque : 22,5kg

Total matériel 75kg

Bonhomme, habillé avant départ 107kg... c'est sur ce poste là, que les gains de masses sont les plus probable, le reste étant forcément mon essentiel;-)

Liste matos : Pas forcément parfaitement exacte, mais le principal est là :

Matériel roulant :
- Grimp'tout Koga Miyata version globe Traveller 2001
- Remorque Bob Yack et son sac
- 4 sacoches Vaude dont deux avec pochette lattérale
- 3 élastiques porte bagage
- 3 bidons 1l
- drapeau

Couchage
- tente Hubba Hubba NX deux place, son tapis de sol et sardines de rechange
- sac de couchage RAB Ascent 900 en duvet, confort -10°
- sac à viande DKT
- couverture survie

Cuisine
- réchaud Coleman 533 essence
- bouteille carburant MSR 1l
- entonnoir à carburant
- popotte Trangia (2casseroles, une poêle, un couvercle)
- passoire alu récupérée d'une ancienne popotte
- paravent DKT
- 5 petits pots à épices : sel, poivre, curry, parpika, ail en poudre (très variable en fonction des humeurs et envies)
- 3 bouteilles à liquide : Huile d'olive, vinaigre, sauce soja (variable)
- assiette plastique DKT
- bol plastique DKT
- petit saladier, principalement pour la fabrication des pâtes
- gobelet plastique, qui sert aussi d'unité de mesure dans la réalisation des pâtes
- 4 boites à bouffe hermétiques DKT, le plus souvent cubes de bouillon et levure chimique, café, sucre, farine (variable)
- Mixette à main, hachoir Téfal pour la fabrication des houmous et variantes sur le thème principalement.
- Planche à découpe Ikéa petit modèle
- Couteau économe
- Couteau type laguiole
- Ouvre boite (le plus simple du monde)
- mini spatules en bois
- spatule / racloir silicone
- mini fouet, indispensable pour les crêpes et oeufs battus
- petite brosse à champignons qui sert aussi pour la vaisselle et les plantes sauvages
- couteau à huitre, pour les récoltes sur le littoral et parce que la vie sans huitres n'a que peu de sens
- allume feu DKT
- aiguiseur couteau
- rouleau à pâtisserie en bois artisanal, fabriqué spécialement pour moi par un ami et donc complètement indispensable
- cuillère, 1 fourchette des vrais en inox, je déteste manger avec des couverts de rando légers, ça me gâche un repas
- tire bouchon, carrément vital !
- sac à légumes réutilisables pour les récoltes de plantes sauvages
- livre de détermination pour les plantes comestibles (guide DELACHAUX)
- briquet de secours
- filtre à eau Katadyn Vario (charbon et porcelaine)
- bouloire Trangia pour le thé et autres décoctions de plantes
- cafetière bialetti mini, vital !

Trousse entretien réparation vélo
- Cable cadenas AXA
- Leatherman + accessoires
- Rustines et minutes
- Pince maillon rapide et maillons
- Clé allen pliable
- Lubrifiant chaine
- Démonte chaine
- Adaptateur presta
- Patins frein
- Cable frein
- Cable vitesse
- Goupilles remorque
- Eclairage avant et batteries
- 2 chambres à air
- Pompe à main
- Colier Rislan/Colson

Matériel électronique
- Appareil photos et filtres + housse
- 2 disque durs 4 To
- Montre Garmin + câble de recharge
- 1 ordinateur portable et chargeur
- Câbles USB divers
- Powerbank 20000 mAh
- Panneau solaire 24W / 3 sorties USB
- Téléphone
- Liseuse
- Casque Audio à réduction de bruit Bose
- Chargeur USB secteur, 3 sorties
- Lampe frontale DKT rechargeable + 2 batteries supplémentaires
- Trépied appareil photo
- Drone Mavic Air 2

Trousse de toilette et pharmacie
- Serviette légère PackTowel
-Brosse à dent
- Fil à dent
- Dentifrice
- Brosse à cheveux
-Ciseaux à barbe
- Coupe ongle
- Bassine pliable 5l
- Savon liquide
- Médrol (allergie sévères)
- Paracétamol
- Anti-inflammatoires per os
- Goutte nez
- Sparadraps
- Désinfectant spray
- Mitosyl
- Poudre anti-mycosique
- Stick lèvres
- Crème solaire
- Anti-moustiques
- PQ
- Aspivenin
- Pince à tiques
- Masques pangolin
- Gel hydroalcoolique

Vêtements
- 2 pantalon
- 2 short
- 1 short ultra léger pour se laver quand il est impossible de se mettre à poil
- 2 caleçons
- 3 paires de chaussettes
- 4 t-shirts
- doudoune
- veste pluie
- Pantalon pluie
- Maillot de bain
- Lunettes de bain
- Chaussures de marche
- Casquette
- Coupe vent
- Poncho
- Surchausses
- Chaussette étanches
- Gants étanches
- Gants chaud
- Gants été
- Foulard
- Bonnet étanche sous casque
- 7 pinces à linge
- Casque

Confort
- Matelas fitness coupé en trois, tapis de sol auvent
- Lunette de lecture 1 claire, 1 foncée
- Lunette de vue 1 claire en verres progressifs, une foncé
- Jumelles
- Hamac
- 22 arcanes du tarot de Marseille
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Le grand jour est arrivé ! Tout est écrit... La liste tant attendue est incroyable...(mais comment faire sans tout ça ? Lol...) Je plaisante à peine, je souscrit à ta façon de voir...faire bien pour soi, se faire plaisir 🙏❤️ Bon voyage ! Bonne route! Profite...😊😊😊 🌿🐰🐢💚🌱🚲🌻☀️ 🍎🍳🧅🥕🍆🫑🥦 🍊🍐🍌🚲😀 😴 🏕️

Les vêtements ça prend vite de la place et du poids, mais il est difficile de se réchauffer sans en avoir !

Merci pour ce partage détaillé et riche de ton expérience. Respect pour l'authentique baroudeur qui sait prendre son temps et bon voyage !

Partir avec le confort donne envie de continuer et prendre du plaisir, le moral est trés important si on le perd en route à cause de l equipement comme par exemple le FROID la nuit "ça donne plus envie" Moi aussi on m'a dit que je prenais trop d equipement = trop lourd mais j ai pas envie de galérer. Le but est de voyager correctement, certe c est chargé mais au moins le plaisir est là. Le minimaliste ou le back-packing pour moi c est plus pour aller d un point A au point B dans un minimium de temp. Nous "LES CARGOS" lol, c est plus prendre son temp et faire du tourrisme. Rien que ma tente pèse 12kg, mais j assume avec cette tente qui fait 3mx3mx2.5m de haut - je peux faire à manger a l interieur en cas de pluie - être debout puis avoir de la place et non pas plier en 2 - dormir avec le matos (velo,remorque,etc) dans la tente pour la securité, dormir serein. -faire dans la tente un mini feu de camp dans une boite de conserve avec de l éthanol (flame de 40cm) pour se réchauffer (grâce à la hauteur de la tente de 2.5m) -etc.. Bon vent et bonne route 😉 🚴‍♂️🚴‍♂️...

Bon vent... et profites 😊

Merci pour ce rappel ,

Merci pour toutes ces explications dans ton concept du voyage à vélo « confort » .....😉 Qu’as-tu comme développement pour pourvoir grimper la tour eiffel ?! 🚴‍♀️....

J’ai parcouru ton fils ce matin. Leçon n°1: il y a des récits passionnants sur Facebook...quand je cherche un peu 😉 Et en plus tu es bon conseillé pour la préparation au voyage. Je termine mon café et je file rouler pour me dérouiller en espérant que les frontières re-ouvrent en été. Bonne route à toi.

Quoi? Pas de chaise de camping ?!?😆. Coupe ta brosse a dent et rajoute en une 😁. Très belle mentalité je te souhaite bonne route.

Je partage totalement votre point de vue. Chacun fait en fonction de ses besoins et de ce qui est important pour elle ou lui. Je vous souhaite de belles virées à venir

Super 😃😃😃 Je rajoute une chaise Hélinox, totalement indispensable pour moi 😉

Prend une planche à découpe grand modèle...le petit modèle va t'énerver à un moment 😁

Avec deux jeunes enfants, on en prends du bazar qui peut paraître superflu mais qui est indispensable pour passer du bon temps !!!. Je suis d'accord pour la chaise, indispensable, un confort sur lequel je ne reviendrai pas. Très bon voyage !!

Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, bonne route 🙏

Bravo mais perso j'emmène toujours mon canapé et ma télé ...😂😂😊

Bonne route, j’attends tes comptes - rendus avec impatience.

Bien dit. En te lisant j'imagine que, à moment donné tu pourrais décider de prolonger ton séjour d'un an, deux,.. Voire la vie. Tu vis en vélo comme tu aimes vivre Moi quand je suis partie trois semaines j'avais très peu, mais l'essentiel et surtout comme j'ai voyagé longtemps je sais ce que j'aime et je l'emporte. Je sais que j'ai surtout besoin de la nature, de bavarder avec les gens et la liberté ne pas avoir à penser où je dors le soir donc bon duvet matelas tente et café et toujours de l'eau pour cuisiner. La belle vie. Je me demande en partant hors france de quoi j'aurai besoin, mais pas plus que ça envie d'aller ailleurs, tellement d'endroits merveilleux,.. Merci pour cette occasion de partage

Tout est dit 🙂"je fais comme j'aime et pour moi c'est là l'essentiel. Ne faites, ni comme je dis, ni comme je fais, faites comme « c'est bon pour vous ».

Moi aussi je voyage confort !

Merci Arnaud, tu es une personne vraiment extraordinaire, épatante !

Je vous souhaite plein de merveilleux moments durant ce périple !

Après tout, c'est toi qui pédale pour transporter tout ça, tu fais bien ce que tu veux 😉 L'essentiel étant d'être bien

les arcanes du tarot, pour philosopher en bivouac solitaire ?

Pour moi, la brosse à cheveux ne serait pas nécessaire mais je comprends que dans ton cas ...

Bonne route et surtout fais toi plaisir et profite en ! 😉

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08/02/21

Un post qui intéressera surtout les Cyclo parmi vous... Promis, on reparlera bouffe et voyage dès qu'on peut.

Profiter d'une lessive à faire au lavoir pour tester de matos. Conditions optimales. J'adore.

Comportement vélo au top sur la neige, nettement plus délicat sur verglas, mais à part un petit bout près de 10% en montée, ça passe crème, malgré mes pneus qui ont plus de 10.000 bornes.

La remorque comme d'habitude, on ne la sent même pas.

Au pieds : Chaussettes étanches Ver Jari, chaussures de marche basses tige Merrell, surchausses neoprène BBB. Le top ! Même pas froid.

Au mains : Gants étanches Ver Jari doublé d'une paire Gore Bike Wear. Un peu trop peu, manque pas grand chose mais une paire de moufles de ski ne serait pas du luxe par dessus si ma température devait baisser.

Bas : Pantalon de marche D4... Suffisant.

Haut : Maillot de Merino demi saison, maillot VTT D4, coupe vent/pluie D4... Suffisant

Sur la tête, bonnet étanche Ver Jari, et casque (qui nous sommes d'accord sert surtout à maintenir le bonnet. Mais pour une fois que je le porte on ne va pas s'en plaindre.

Légère accumulation de neige dans les gardes boues.

Bidon gelés.

Belle promenade.
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c'est toi Cyclopathe Brownien ? je me perds dans les différents pseudos et noms de pages 😉

Très beau nom pour ta page 😁 Je vais suivre tes aventures... Gustatives 😉😁

Je confirme que la bob yak en itinérance c’est top 👍

Merci de ces retours sur les vêtements, bonne continuation à toi.

Cool les info antifroid merci bonne route

Les chaussettes étanches ça fait longtemps que tu les as ? J'ai des seal skinz, elles se sont très vite mises à puer, une véritable infection !

Merci des infos, on cherche nous aussi de bons équipements

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Merlinne, la Licorne qui guidera ma route sur le vélo. Quand on commence à préparer les objets à lessentialité invisible. Cest que me départ approche. 

Réalisation de la bête, librement interprétée par Trisolin Laure qui fabrique ce genre dobjets en matières recyclées, normalement destinés à servir déponge à vaiselle. Quelle nettoie donc mes sales humeurs.

Au cou, elle porte une pierre de Fée de Thaïs Dumont, à laquelle on accordera les pouvoir magiques quon souhaite... Ou pas... 

Elle porte aussi, une médaille à leffigie et Thyl Ulenspiegel et Nele par lartiste Francine Somers. Symbole de plein de choses et souvenir de mon adolescence.

Par la guerre et par le feu,
Par la mort et par le glaive,
 Cherche les Sept.

Dans la mort et dans le sang,
Dans les ruines et les larmes,
 Trouve les Sept.

Laids, cruels, méchants, difformes,
Vrais fléaux pour la pauvre terre,
 Brûle les Sept.

Attends, entends et vois,
Dis-nous, chétif, n’es-tu bien aise ?
 Trouve les Sept.Image attachment
03/02/21

Merlinne, la Licorne qui guidera ma route sur le vélo. Quand on commence à préparer les objets à l'essentialité invisible. C'est que me départ approche.

Réalisation de la bête, librement interprétée par Trisolin Laure qui fabrique ce genre d'objets en matières recyclées, normalement destinés à servir d'éponge à vaiselle. Qu'elle nettoie donc mes sales humeurs.

Au cou, elle porte une pierre de Fée de Thaïs Dumont, à laquelle on accordera les pouvoir magiques qu'on souhaite... Ou pas...

Elle porte aussi, une médaille à l'effigie et Thyl Ulenspiegel et Nele par l'artiste Francine Somers. Symbole de plein de choses et souvenir de mon adolescence.

Par la guerre et par le feu,
Par la mort et par le glaive,
Cherche les Sept.

Dans la mort et dans le sang,
Dans les ruines et les larmes,
Trouve les Sept.

Laids, cruels, méchants, difformes,
Vrais fléaux pour la pauvre terre,
Brûle les Sept.

Attends, entends et vois,
Dis-nous, chétif, n’es-tu bien aise ?
Trouve les Sept.
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Cette crise du Covid aura certainement changé beaucoup de choses. Et surtout lidée que je me fais de ce que sera mon voyage, plus Brownien que jamais !

Ne surtout rien préparer, suivre mes roues et le vent. La Route de la Soie sera sûrement un fil conducteur à un moment où lautre, mais pas forcément dès le départ.

Limpatience grandit, chaque jour.
12/12/20

Cette crise du Covid aura certainement changé beaucoup de choses. Et surtout l'idée que je me fais de ce que sera mon voyage, plus Brownien que jamais !

Ne surtout rien préparer, suivre mes roues et le vent. La Route de la Soie sera sûrement un fil conducteur à un moment où l'autre, mais pas forcément dès le départ.

L'impatience grandit, chaque jour.
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Le chemin est le but de toute façon, peu importe la destination

J'adore.....je pique....merci💖💖

Salut les amis,

Je ne sais pas chez vous. Chez moi, il a fait beau aujourdhui, de ces belles journées dautomne, pleine de couleurs. Celles des arbres aux feuilles nuancées, celle des sorbiers aux fruits rouges vif, celles des prairies bien vertes avec encore quelques fleurs tardives.

Les couleurs aussi de la lumière, cette lumière chaude de lautomne qui change toutes les minutes en jouant avec les nuages ouatés, tirant entre le rouge, lorange, le majenta, le bleu, le jaune...

Les odeurs aussi, celle de la terre humide, celle de lhumus dans les forêts, celles des animaux qui ne sont pas encore à l étable, celles des champs fraîchement engraissés ou même la merde, transformée en fumier, sent bon. 

Et que dire dun couché de soleil qui na échappé quà mon appareil photo (du coup pour illustrer, je vous en mets une autre qui a quelques jours).

Bon vous êtes occupé à me lire (merci pour votre courage 😜 et votre bienveillance 😍). Mais putain pourquoi Cyclopathe nous parle til de la pluie et du beau temps. Si cest pour avoir limpression dêtre chez le coiffeur, à quoi bon venir ici? Bordel, mais il est con ce Cyclopathe avec son post débile.

Merde, je mégare, encore... 

Aujourdhui, jaurais du prendre la route, MA ROUTE ! Aujourdhui, jaurais du monter sur mon vélo, mettre le cap à lest. Aujourdhui, jaurais du être bourré de doutes et de cette petite déprime qui fait les grands départs. Aujourdhui, jaurais du avoir mal au jambes et surtout au cul, parce que jaurais pédalé toute la journée. Aujourdhui, jaurais du dormir au milieu de nulle part, dans ma tente, loin de tout sauf des couleurs, des odeurs, des bruits de la nature.

Mais merde, aujourdhui, jai à peine quitté mon salon pour une expédition périlleuse vers la salle de bain. Aujourdhui je sais où je vais dormir, demain aussi. Merde! Ça me brouille lécoute ! 

Je ne suis pas parti... Parce quun pangolin qui avait baisé une chauve souris à été sodomisé par un chinois qui la mangé. Les cons. Je ne suis pas parti parce que dans cest presque impossible dans lincertitude dun prochain confinement (très très con mais si peu finement).

Bref. Aujourdhui, faute davoir mal au cul, jai mal au cœur de ne pas encore être en route, alors que jen ai tant besoin. Aujourdhui, jai mal aux yeux den avoir pleuré.

Bien sûr ce nest que partie remise, je partirai au printemps. QUOI QUIL ARRIVE. Et jemmerde le pangolin, la chauve souris et le chinois qui les bouffe.

Ça fait 30 ans que je rêve de ce départ, ça fait 30 mois que ce nest plus un rêve, mais un besoin. Besoin vital même. 

Jen chiale, mais plus encore jen rage !!! 

Et je me demande comment je vais tenir encore 5 mois à attendre... 5 mois cest rien quand on attend depuis 30 ans. Mais 5 mois quand cest demain que ça commence, je sens que ça va être long.

A bientôt, les amis, prenez soin de vous.
15/10/20

Salut les amis,

Je ne sais pas chez vous. Chez moi, il a fait beau aujourd'hui, de ces belles journées d'automne, pleine de couleurs. Celles des arbres aux feuilles nuancées, celle des sorbiers aux fruits rouges vif, celles des prairies bien vertes avec encore quelques fleurs tardives.

Les couleurs aussi de la lumière, cette lumière chaude de l'automne qui change toutes les minutes en jouant avec les nuages ouatés, tirant entre le rouge, l'orange, le majenta, le bleu, le jaune...

Les odeurs aussi, celle de la terre humide, celle de l'humus dans les forêts, celles des animaux qui ne sont pas encore à l' étable, celles des champs fraîchement engraissés ou même la merde, transformée en fumier, sent bon.

Et que dire d'un couché de soleil qui n'a échappé qu'à mon appareil photo (du coup pour illustrer, je vous en mets une autre qui a quelques jours).

Bon vous êtes occupé à me lire (merci pour votre courage 😜 et votre bienveillance 😍). Mais putain pourquoi Cyclopathe nous parle t'il de la pluie et du beau temps. Si c'est pour avoir l'impression d'être chez le coiffeur, à quoi bon venir ici? Bordel, mais il est con ce Cyclopathe avec son post débile.

Merde, je m'égare, encore...

Aujourd'hui, j'aurais du prendre la route, MA ROUTE ! Aujourd'hui, j'aurais du monter sur mon vélo, mettre le cap à l'est. Aujourd'hui, j'aurais du être bourré de doutes et de cette petite déprime qui fait les grands départs. Aujourd'hui, j'aurais du avoir mal au jambes et surtout au cul, parce que j'aurais pédalé toute la journée. Aujourd'hui, j'aurais du dormir au milieu de nulle part, dans ma tente, loin de tout sauf des couleurs, des odeurs, des bruits de la nature.

Mais merde, aujourd'hui, j'ai à peine quitté mon salon pour une expédition périlleuse vers la salle de bain. Aujourd'hui je sais où je vais dormir, demain aussi. Merde! Ça me brouille l'écoute !

Je ne suis pas parti... Parce qu'un pangolin qui avait baisé une chauve souris à été sodomisé par un chinois qui l'a mangé. Les cons. Je ne suis pas parti parce que dans c'est presque impossible dans l'incertitude d'un prochain confinement (très très con mais si peu finement).

Bref. Aujourd'hui, faute d'avoir mal au cul, j'ai mal au cœur de ne pas encore être en route, alors que j'en ai tant besoin. Aujourd'hui, j'ai mal aux yeux d'en avoir pleuré.

Bien sûr ce n'est que partie remise, je partirai au printemps. QUOI QU'IL ARRIVE. Et j'emmerde le pangolin, la chauve souris et le chinois qui les bouffe.

Ça fait 30 ans que je rêve de ce départ, ça fait 30 mois que ce n'est plus un rêve, mais un besoin. Besoin vital même.

J'en chiale, mais plus encore j'en rage !!!

Et je me demande comment je vais tenir encore 5 mois à attendre... 5 mois c'est rien quand on attend depuis 30 ans. Mais 5 mois quand c'est demain que ça commence, je sens que ça va être long.

A bientôt, les amis, prenez soin de vous.
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Votre témoignage est le sentiment de beaucoup de voyageur aujourd'hui, la liberté de mouvement est comme un poignée de sable que l'on regarde tomber sans réagir. Bref bonne chance pour votre futur périple en vélo qui je l'espère ce fera en toutes libertés 🤔

Pour quelles raisons as-tu reporté plus précisément ? Tu souhaitais aller dans des pays qui sont actuellement fermés ?

Haaaaaa mais comme j’adore ❤️❤️❤️❤️🙏

Wahou ton écriture est sublime Tu es un génie de la plume. Plein de courage à toi et plein d'ondes positives 😉

C’est beau l’attente, dit comme ça. Wait and see the sea and the sky

Tu partiras. Trouve de quoi occuper ton esprit en attendant et tu y seras avant même de t'en être rendu compte 😘

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07/09/20

006 Chalons Sur Saône – Arlon – Maison

Je quitte Chalons sur Saône, cap vers le nord et retour vers la Belgique. Après près de 2000 bornes de presque plat, je sais maintenant que malgré les 65kg de mon matériel, je peux rouler presque partout. Que même les passages VVTisants, sil ne sont pas trop engagés sont possibles en VTC équipé de remorque. Il me reste un test à faire en vue de mon grand voyage, confirmer que Grimp'tout porte bien son nom et que je suis capable de passer des bosses plus longues que les Alpes Mancelles et les Monts Bourguignons. Cap sur les Vosges. Je suis, plus ou moins, l'eurovélo 6 en direction, de Dole et du Jura. Chalon – Dole, à peine plus de 60 km par la route, un peu plus par l'eurovélo. Comme d'habitude, je m'éloigne plusieurs fois du tracé « officiel » pour me perdre dans les villages et les campagnes en bord de Saône, puis du Doubs. Le paysage est assez monotone dans de plat pays qui n'est pas le mien, au loin les montagnes du Jura puis des Alpes me font de l'oeil, ce sera pour une autre fois. Arrivé à Dole, que je ne connais pas, je suis assez séduit par la ville et je pars à la recherche de l'artisan charcutier à qui confier mes papilles gustatives, je n'y reviens pas, voir mon post précédent et sa saucisse de Morteau sublimée de Cancoillotte.

A partir de Dole, le paysage change, la vallée du Doubs devient encaissée entre les monts, ça sent la montagne. J'aime ça et je flâne trois jours sur l'ancien hallage du canal. Calmement sereinement, tout va bien. Il ne se passe pas grand chose, il y a peu de monde sur la voie verte. Juste branché dans l'instant j'avance bien. A l'approche des Vosges, je quitte l'eurovélo pour rejoindre Cernay, point de départ de la Route des Crêtes des Vosges et surtout pied du Grand Ballon. Je m'égare, évidement ! Le balisage est un peu léger et je quitte le parcours vélo, pas grave, une départementale devrait me mener à bon port. Mais quel est le crétin qui a transformé en voie rapide cette départementale à deux chiffres sans le signaler clairement ? En quittant un rond point, suivant les indications caisseuses, le panneau qui tue : « route pour automobile ». Non, pas envie d'un détour, ça me gave cet univers du tout à la bagnole, encore plus quand il n'est pas annoncé clairement. Je n'ai toujours pas de carte en papier, soyons fou, j'ai déjà essayé l'autoroute sans bande d'arrêt d'urgence en Ukraine, ce ne sera pas pire en France. Je me lance donc pour quelques km sur la voie rapide. Miracle, en fait j'y suis plus en sécurité que sur les petites routes, je pense que je fais peur aux motorisés qui, pour une fois, ils me dépassent vraiment de loin. Je redescends quand même à la première sortie, il ne faut pas tenter le diable en képi, le Français étant ma langue maternelle je vais avoir un peu plus de mal à jouer au con qu'en Ukraine. J'arrive finalement à Cernay par de petites routes qui me font une répétition miniature des dénivelées en vue. Je fais une exception à ma cuisine de route et m'offre une flammekueche traditionnelle accompagnée de quelques bière de la brasserie Licorne, peut mieux faire, mais ça se boit. Je décrète aussi le dimanche jour de repos, ayant dans l'idée que le trafic sur la route des crêtes pourrait être moins dense un lundi.

Le lundi matin donc, je pars sans me presser vers ce qui, sur le papier, devrait être l'étape la plus dure de ce « demi tour » de France. J'estime en avoir pour entre 4 et 5h d’ascension à faire les 23km qui me séparent du sommet. Dès le départ, je roule à un rythme lent, sans forcer. Je ne ne pousse pas plus fort que sur le plat. Je roule simplement moins vite. Hymne à la lenteur et la patience, je suis le roi de ma route. Je ne croise quasi personne, la montagne me porte littéralement. Il fait beau, frais, les paysages s'ouvrent sur la large vallée du Rhin. J'adore ! J'ai certainement fait rire certains avec mes développements que le beau-père qualifiait de suffisant pour monter la Tour Eiffel par la face Nord, mais je ne regrette rien. Je roule tout petit, lentement mais sans forcer. Je sais par expérience que le gain de vitesse que j'obtiendrais en développant quelques watts supplémentaires, ne serait pas significatif. La lenteur me convient parfaitement dans l'instant suspendu. Je suis en route depuis un peu moins de 4h quand je m'offre au sommet un morceau de tarte aux myrtilles devant le paysage à presque 360 degrés. Je pourrais continuer, le plus dur est fait, je n'ai qu'à peine 30 bornes dans les quilles mais je décide de profiter de l'endroit et de bivouaquer là haut. Je passe l'après midi à regarder le ciel, les nuages qui changent, la lumière qui joue avec les ombres. Il ne fait pas chaud, là haut dans le vent. Et jusque tard le soir, je profite de la vue puis des étoiles au son des cloches de vaches de la prairie voisine.

Je m'éveille tôt, il est 5h30, la lumière revient doucement sur la montagne, le spectacle est féérique. Je prends le temps de laisser un peu monter le soleil dans le ciel, le temps que l'air se réchauffe un peu aussi. Je prends la route pour une journée presque exclusivement au dessus de 1000m d'altitude, ce genre de journée de montagne étrange qui bouscule un peu la géographie, la majorité des cols étant atteinte en descente. Logique me dirai vous, c'est une route de crêtes. Au col de la Schlucht, un camionnette qui s’installe pour le marché artisanal de l'après midi attire mon regard. Charcuterie artisanale Pierrat, depuis 1892. « Bonjour Monsieur, vous ne faites pas votre âge, depuis 1892, la charcuterie vous préserve des affronts de l'âge ». Je présente un peu mon voyage et mon intérêt pour les produits locaux. Eric, le vendeur, m'organise, « au cul du camion » une dégustation privée de ses produits, discrètement parce que le marché n'est pas encore ouvert. Un filet mignon délicatement fumé, une andouille de viande (j'adore!!!), un fuseau lorrain... tout ça fleure bon la fumée de sapin et donne envie de découvrir les autres produits. Le détour par la boutique mère est un peu long pour cette fois-ci, mais la prochaine fois, j'intégrerai certainement une petite visite dans mon parcours cyclo-gastronautique. Je reprends la route, content de cette rencontre qui en augure d'autres. Le paysage a un peu changé, j'ai quitté les alpages pour une zone qui semble moins anthropomorphique, je traverse des prairies de bruyères et de myrtilles. Et surtout des espaces boisés plein de lichens et de mousses qui incitent à la rêverie. Malgré quelques goutes de pluie, je prends mon temps, entre les gros rochers ronds et moussus qui semblent posé là depuis la nuit des temps, à chaque instant je m'attends à voir apparaitre quelques créatures magiques. Plus loin un panneau m'apprendra que le lieux s’appelle « La Roche des Fées », mon impression semblait donc la bonne. Je termine ma journée par une longue et belle descente par le Val d'Argent vers Sainte Marie aux Mines. Encore une de ces vieilles cités qui n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut. Tristement paupérisée, elle ne semble plus vivre que de quelques touristes qui s'y arrêtent encore, les commerces sont fermés pour beaucoup, la grande surface est minable. Triste, ça me casse un peu le moral après 3 jours de montagnes, je le remonte à coup de mirabelles.

Je passe une mauvaise nuit, le vent se lève et me réveille, on l'entend siffler, hurler même, dans les montagnes. Compte tenu de ma direction nord-ouest du lendemain, j'ai assez peu d'espoir de l'avoir dans le dos. J'appréhende aussi la traversée de la Lorraine qui n'est pas, loin s'en faut, la région la plus attrayante de France. La journée commence par un déjeuner fort appréciable, puis je prends la route pour le col de Sainte Marie. Un peu plus de 6km annoncés comme relativement raides. Effectivement sans trop de répits, ça grimpe bien et protégé du vent j'avance honorablement. La descente s'avère finalement plus compliquée, dans la partie supérieure je garde le contrôle de ma vitesse, mon chargement faisant voiles au vent, il faut rester prudent. Tellement prudent que pour le deuxieme fois du voyage, je mets mon casque sur la tête. La suite moins raide oblige à pédaler pour avancer. Courbé sur le guidon, je ne me pose pas trop de question. A partir de Saint Dié-des-Vosges, la route devient sans trop d’intérêt. Je suis sur l'ancienne voie qui longe la route pour automobile. Le bruit des camion me casse la tête, ça va durer trois jours avec peu de répit, parce que longer la A31 dans la vallée de la Moselle, même sur voie verte, j'ai vu mieux. J'enchaine les étapes longues sans me poser de question. Je roule pour avancer sans autre but, nez dans le guidon. J'ai fixé pour le vendredi, un rendez vous près de Luxembourg avec Vincent qui fera les derniers, et les plus agréables des km de ces trois jours, avec moi. 3 étapes de plus de 100km avec le record du voyage 130km à 18km/h de moyenne effective, quand on s'ennuie sur le vélo, on pousse, partagé entre l'envie de rentrer vite et celle de faire demi tour et de prendre déjà ma route de la soie.

Soirée amicale et fort sympathique autour d'un barbecue, puis le train d'Arlon vers la maison seront la conclusion de ce terrible voyage qui me rassure pleinement sur mes choix au niveau de mon équipement et de mon chargement qualifié d'excessif par les pro de l'ultra light qui ne savent pas ce qu'ils perdent. J'ai bien roulé, bien mangé, les bosses passent sans soucis. Vivement le grand départ, quelques petits ajustements et je suis prêt et entièrement rassuré quand à la faisabilité de mon rêve. Il reste juste à espérer les frontières ouvertes et que cette grand mascarade s'arrête.

Je prendrai prochainement le temps d'écrire un bilan sur le chargement et le matériel pour ceux que ça intéressent et qui me l'on demandé.

A bientôt pour d'autre aventures Gastronautiques.
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Merci pour tes récits, du coup j ai attrapé le cyclopatvirus et suis en train de faire un Montpellier Bordeaux... 1ere odyssée

Magnifique !

Joli...le val de Saône...l'EV6 le long du Doubs....les Crêtes Vosgiennes....le val de Moselle.... .tout ca me cause et tu le racontes bien ! Une question toutefois : 26kg de portage c'est énorme !!...je voyage avec 12 a 14kg selon la saison en bivouac et il ne me manque rien .. ..

Merci l'ami, bon retour au plat pays et à bientôt j’espère !

"Lentement, c'est toujours plus vite que vite" affirme un proverbe québécois que j'aime bien...

Bravo avec le chargement !!! Ah les Vosges très belle region

Ça y est. Te voilà cyclo randonneur au long cours. Ta conception du ravitaillement est la bonne. Il faut se nourrir local et profiter des occasions lorsqu'elles se présentent. Tu n'as plus rien à apprendre, l'expérience comblera les manques. Bonne route et que le vent te soit favorable. Amitiés Daniel

Merci pour ce compte rendu

Merci pour ce récit que je me permets de corriger.... dans les Vosges... on ne ramasse pas des myrtilles mais des brimbelles ! Les myrtilles c'est pour le reste du globe même si on est bien d'accord c'est exactement le même fruit ! 🤣

Un plaisir de te lire ...

Merci pour le partage. Bien content d'avoir lu les récits de ce voyage. Effectivement à 65 kg, je suis curieux d'avoir le détail du matériel.

Et c'est juste un commentaire...... si on lui demandait d'écrire un livre........🤣🤣🤣🤣🤣

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Quand la saucisse de Morteau est sublimée.

Définitivement, ce voyage 2020, sera le plus gastronomique de tous. Cest dire, parce que le niveau était déjà bien installé.

Ce soir je suis arrivé à Dole dans le Jura.  Après une belle étape de 90 km entre Saône et Doubs. Pour mapprovisionner en produits locaux, on me conseille la Maison Ramel dans le haut de la ville. Jai une petite hésitation, une maison qui fait boucherie, charcuterie, patisserie, ca fait quand même beaucoup de spécialités pour un seul artisan. Mais les gens du cru me convainquent, je me laisse faire. 

Je nai jamais goûté de Cancoillotte, il est temps de remédier à ce manque. Je demande conseil. Comment manger cette spécialité locale? La bouchère, lœil gourmand, me répond quelle ne résiste pas, quelle le mange avec les doigts. 
Comme dans la chanson de Hubert Felix Thiefaine, le régional de létape. 

La cancan cancoillotte
Cest un mets bien franc-comtois
Tout en dansant la gavotte
On se beurre la gueule à larbois
La cancan cancoillotte
Ce nest pas pour ces Francois
Tout en pelotant la Charlotte
On la mange avec les doigts 

https://youtu.be/X1Xcoc97GvE

Mais que le sublime cest de cuire des pommes de terre à leau. Quand les pommes de terres sont presque cuites, immerger à côté delles une saucisse de morteau pour quelques 8 minutes. Sans faire bouillir leau, juste frémissante.

Ensuite installer le saucisse et les pommes de terre dans lassiette et couvrir ses dernieres dune bonne dose de Cancoillotte qui va fondre à leur contact.

Et pour boire avec ça, un vin si joli qui coule en Arbois. Rouge ou blanc selon le choix.  Pourvu que ce ne soit pas mon dernier repas. 

https://youtu.be/tCTYNjF2MAI

Pour moi ce soir ce sera un Trousseau rouge, cépage spécifique de la région. Surprenants aromes forestiers de cerises et surtout de fraises des bois.

Miam. Il ny a toujours pas de mal à se faire du bien.
19/08/20

Quand la saucisse de Morteau est sublimée.

Définitivement, ce voyage 2020, sera le plus gastronomique de tous. C'est dire, parce que le niveau était déjà bien installé.

Ce soir je suis arrivé à Dole dans le Jura. Après une belle étape de 90 km entre Saône et Doubs. Pour m'approvisionner en produits locaux, on me conseille la Maison Ramel dans le haut de la ville. J'ai une petite hésitation, une maison qui fait boucherie, charcuterie, patisserie, ca fait quand même beaucoup de spécialités pour un seul artisan. Mais les gens du cru me convainquent, je me laisse faire.

Je n'ai jamais goûté de Cancoillotte, il est temps de remédier à ce manque. Je demande conseil. Comment manger cette spécialité locale? La bouchère, l'œil gourmand, me répond qu'elle ne résiste pas, qu'elle le mange avec les doigts.
Comme dans la chanson de Hubert Felix Thiefaine, le régional de l'étape.

"La cancan cancoillotte
C'est un mets bien franc-comtois
Tout en dansant la gavotte
On se beurre la gueule à l'arbois
La cancan cancoillotte
Ce n'est pas pour ces Francois
Tout en pelotant la Charlotte
On la mange avec les doigts"

youtu.be/X1Xcoc97GvE

Mais que le sublime c'est de cuire des pommes de terre à l'eau. Quand les pommes de terres sont presque cuites, immerger à côté d'elles une saucisse de morteau pour quelques 8 minutes. Sans faire bouillir l'eau, juste frémissante.

Ensuite installer le saucisse et les pommes de terre dans l'assiette et couvrir ses dernieres d'une bonne dose de Cancoillotte qui va fondre à leur contact.

Et pour boire avec ça, un vin si joli qui coule en Arbois. Rouge ou blanc selon le choix. Pourvu que ce ne soit pas "mon dernier repas".

youtu.be/tCTYNjF2MAI

Pour moi ce soir ce sera un Trousseau rouge, cépage spécifique de la région. Surprenants aromes forestiers de cerises et surtout de fraises des bois.

Miam. Il n'y a toujours pas de mal à se faire du bien.
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Hormis le vin rouge, j'ai fait le même divin repas il y a bien des années. Merci de m'avoir rappelé cet excellent souvenir.

Re visiter 😁😂😂😂🤪😝🙏

Et demain? Poularde de Bresse aux morilles accompagné de vin jaune ou rognons moutarde au Savagnin?

Je me délecte à la lecture ... Bon voyage l'ami ..la route est belle !!!

Ça me donnerait presque envie de manger de la saucisse tellement tu en parles bien 😁😘

Tu bois ta bouteille chaque soir ? Quelle santé ...

Sublime...

Mmmmmm

Un de mes plats préférés..

J'en ai l'eau à la bouche ! Ce fromage s'appelle plus familierement "fromage de cul"

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18/08/20

005 Saint-Epain - Chalon sur

Après une magnifique, mais trop courte soirée de rencontre avec Julie et JD à St Epain, je me rends compte que j'ai oublié ma batterie annexe et surtout mon chargeur à Chinon. Je dois donc faire demi tour et revenir sur mes pas. Ça ne m'enchante pas, je n'aime pas ça, l'impression de tourner en rond. Si bien que quand JD me dit qu'il peut m'y conduire, ainsi que Grimp'tout, dans sa camionnette, que c'est à peine un détour pour lui, j'accepte volontier. La canicule s'est installée, l'organisme en a un peu souffert dans l'étape d'hier. Je décide d'une journée de repos, je profite de la présence à proximité des commerces et d'un frigo au camping pour me cuisiner un repas de poisson, chose rare en voyage à vélo. Je me bricole des sardines aux oignons, olives et vin rouge. Il n'y a toujours pas de mal à se faire du bien ! Je décide de tenter de dormir tôt, pour partir dès le lever du soleil.

J'ai un peu modifié mes plans de route. Je pensais descendre vers la chaîne des Puys pour marcher un peu en montagne. Mais l'idée de remonter en Belgique par le train dans l'ambiance "petite grippe du pangolin" me tente peu. Je décide de rentrer à vélo par la Bourgogne et probablement les Vosges.

Je quitte donc Chinon très tôt le matin pour rejoindre Vouvray. Partir tôt permet d'être déjà bien en route quand arrivent les plus fortes chaleurs, ce qui les rend nettement plus supportables. L'étape commence par un peu de dénivelée pour rejoindre la vallée de la Loire. Ça grimpe bien raide, et je suis vraiment content des développements très courts que j'ai fait installer sur Grimp'tout. Ça passe sans forcer le moins du monde. Le seul moment plus difficile de la journée consiste en l'entrée dans Tours. Ça pue la ville, et le fait d'être en permanence à la campagne rend cette puanteur encore plus perceptible, jusqu'à en goûter le parfum collant dans la bouche. Beuk ! Heureusement pour mes papilles, je visite à Vouvray, le charcutier Hardouin, souvenir d'enfance entre autres. Je m'offre une bouteille du cru local, quelques rillons et une andouillette tirée à la ficelle et cuisinée au vin qui fait la renommée de la maison. Un vrai délice.

À nouveau, je prends la route assez tôt, pour une étape courte. Je commence par un long arrêt brunch dans le joli marché d'Ambroise. Quelques fromages de chèvre cendrés sympatiques. Et repars vers Chaumont sur Loire où j'ai rendez-vous avec Philippe et Emma. Nous ne nous sommes pas encore rencontrés dans à vraie vie, mais ça fait quelques 10 ans que nous échangeons par internet. Nous avons quelques passions en commun, la photo, le vélo... Phil est un radical vert, caisseux repenti, il fait presque tout à vélo et prône l'abandon de la voiture pour la majorité des déplacements. La discussion passionnée, qui part dans tous les sens, nous amène à nous coucher vers 4h du matin, avec un bon coup de rouge dans l'aile. Licornesque et perché !

Je quitte Chaumont, un peu vaseux pour une étape courte. Philippe m'accompagne quelques km mais dois renoncer à cause d'une crevaison récalcitrante. Crevaison qui l'amènera à sortir sa camionnette pour rapatrier son vélo, je souris. 48km suffisent à m'achever.

À partir de Blois, la Loire devient vraiment moins intéressante, monotone même. Chaque jour, ses longues lignes droites sur des digues, sous une chaleur infernale. Chaque jour sa centrale nucléaire qui balafre le paysage pendant 20 bornes, chaque jours des cultures intensives monotones et tristes, pas passionnant . Heureusement, une rencontre va me permettre de passer ça agréablement. Romane et Loïc sont en route pour un tour d'Europe depuis janvier, même s'il ont été contraint à une pause confinée. Il roulent sur un tandem auquel Loïc a ajouté une remorque "extra wheel" maison. Nous nous reconnaissons vite comme de la même boutique, celle des voyageurs lourds et un peu expérimentés. On parle route, cuisine, voyage,... De tout. Les km défilent, sans qu'on sache très bien qui donne le rythme, ça trace dans un paysage auquel on ne s'intéresse plus. Nous mangeons ensemble quelques part près d'Orléans, on partage entre autre un fromage de chèvre cendré et légèrement fumé, délicieusement local. Moi qui suis généralement fort associal quand je voyage à vélo, j'apprécie le partage, je me sens bien avec eux. Il fait épouvantablement chaud, je ne suis pas bien sur le vélo, je sens que ma limite est proche. J'ai beau boire, la chaleur me flingue littéralement. Un orage menace, le vent se lève, nous nous refugions dans un abri bus. Heureusement ! Il tombe bientôt en abondance de bon gros grelons comme des glaçons. On échappe à ça, ouf ! La pluie a fait du bien, la température est descendue d'au moins 10 degrés, nous remontons sur les vélos, nettement mieux. Nous décidons de camper ensemble le soir. Loïc se charge d'approvisionner nos verres, je me charge du contenu des assiettes. Ce sera pâtes aux noix et bananes caramélisées au miel. Les recettes sont sur ma page On mange quoi? Simple, efficace, revigorant. Romane pense même ajouter quelques éléments inspirés des miens dans leur cuisine mobile.

Nous reprenons ensemble la route, nous avons tellement parlé la veille que nous sommes un peu plus silencieux. Comme si l'essentiel avait été dit. Le besoin de parler assouvi. J'ai énormément apprécié le partage, mais mon besoin de solitude revient au galop, il est une des quête de ce voyage. Je roule un peu plus souvent seul devant. Nous déjeunons encore ensemble, partageant fromages et charcuteries du coin. À Chatillon sur Loire, je décide de m'arrêter au camping. Romane et Loïc continuent. On s'échange nos coordonnés, nous nous promettons de nous croiser encore sur la route ou ailleurs. Je fais quelques courses en ville, j'ai l'impression d'avoir changé de monde depuis la riche et très touristique Touraine. Le Berry semble abandonné de ses habitants, en voie de grande paupérisation. Les petits magasins sont fermés définitivement, les grandes surface minable. Je veux dire, plus que d'habitude. Finalement le Berry ne serait pas si Richard que ça! Ouais facile celle là. Il est difficile de trouver des produits locaux qui m'intéressent. J'enchaîne les longues étapes pour quitter, sans trop tarder la Loire. Le lendemain, je dors à la Charité sur Loire, la ville est jolie, plus touristique, ce qui permet aussi aux petits commerces de survivre. Je retrouve avec plaisir les petites boucheries, la Bourgogne approche doucement, les spécialités locales évoluent. On voit apparaître les pâtés croûte, les jambons persillés.

Je dors à Nevers puis à quelques km de Paray le Monial, le long du canal latéral à la Loire, il pleut, je décrète une journée de repos. Puis le soleil sort, je prends quand même la route ne suivant que partiellement le parcours officiel de l'Eurovélo6, les choses se corsent. C'en est provisoirement fini du plat. Ça grimpe, bien pour traverser les monts du Charolais, berceau de la race bovine du même nom. Les ascensions sont irrégulières, usantes même. La route s'élève par pallier, montant de quelques mètres, redescendant un peu moins. Les 300m de dénivelé théorique deviennent près de 600. Les changement de rythme sont épuisants, je ne quitte plus mon petit plateau, même en descente. Malgré la difficulté du parcours, je suis vraiment content d'avoir quitté la voie verte trop monotone, "Grimper, c'est s'élever", mais c'est aussi profiter différemment du paysage dont la perception se modifie à chaque coup de pédale. L'orage menace, je l'entends gronder proche de moi, un coup à gauche, un coup à droite, le vent tourne, mais la pluie attendra mon arrivée à Cluny pour se déchaîner. Je me réfugie dans un café, une bonne pinte à la main.

De Cluny à Chalon ur Saône, étape de voie verte, ente vignes et campagnes. Jour de repos et d'écritures malgré un petit manque d'inspiration. Il était temps après l'enchaînement de 11 étapes sous la chaleur.

J'ai arrêté de ne pas me rapprocher de la maison, cap vers le nord.
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Merci pour ce beau partage.....😎

Merci de ta visite dans notre belle région du Loir et Cher, et pour nos échanges enrichissants sous le soleil puis les étoiles...😉😊

Superbe récit Arnaud, c'est avec plaisir qu'on t'a lu. De notre coté nous sommes arrivés dans les vosges. Encore quelques jours et nous serons en Alsace. Bon retour vers la Belgique 😊

Comme si on y était ! Super récit de tes aventures

Superbe récit ! Merci

Le Berry n'est pas Richard, mais par contre la Loire est chère... 😜

Arnaud, j’aime tes récits, et même si je ne suis pas un sportif, cela me donne envie de découvrir aussi ces endroits et de pouvoir profiter de ces produits du terroir réalisés par d’authentiques amoureux des produits de bouches et des plaisirs que cela procure. Merci de partager cela avec nous.

Merci pour le beau récit. J'ai pas vu la recette des pâtes aux noix.

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06/08/20

004 Varandes-St Epain

Ma journée de repos près de Varandes se termine selon le grand principe selon lequel, "il n'y a jamais de mal à se faire du bien". Je profite de la présence d'un frigo dans le camping pour acheter des produits plus sensible qu'à mon habitude en voyage à vélo. Du poisson, ça me me manque un peu. Je me bricole un plat de sardines fraîches aux olives et vin rouge local. La recette ainsi que mes autres délires culinaires de voyage se trouve sr ma page annexe, On mange quoi?

Je reprends route le long de la Loire. Je roule vite en matinée, j'ai repéré un marché à Chalonnes sur Loire quelques 26 km plus loin. J'ai l'espoir d'y croiser quelques producteurs locaux et d'y goûter de bonnes choses. Pas grand chose de vraiment intéressant. Je fini quand même pas dénicher un petit charcutier, chez qui j'achète, enfin, une gogue vraiment artisanale pour mon pique nique. L'idée du poireau dans le boudin noir, ne m'avait pas, à priori, convaincu. Je me trompais, il va falloir, à la maison, que je m'en inspire. Je roule partiellement sur l'itinéraire officiel de la "Loire à vélo", n'hésitant pas à le quitter pour de petits détours paysagers en hauteurs dans les vignes. Moi qui suis j'aimais vraiment fan des "voies vertes", celle ci confirme un peu tout le mal que je peux en penser. Au prix de la sécurité, le parcours emprunte souvent des petites chemins dans la vallée, coincé entre deux champs de maïs qui bouchent la vue, privant souvent de jolis paysages. Je n'hésite pas à prendre parfois des routes plus importantes sur les digues du bord de Loire, certes plus passantes et plus bruyantes, mais c'est le prix à payer pour un panorama plus sympathique. Puis ça permet de contourner un peu la Véloroute, et ses bobos au vélo gravel tout neuf, qui font leur premier voyage en recherche d'une bonne conscience écologique. Ça permet aussi d'éviter la catégorie de cyclistes électriques qui pilotent des engins rapides dont ils n'ont parfois qu'une maîtrise fort aléatoire. Oui, je sais j'exagère un peu, les voies vertes permettent aussi de chouettes rencontres éphémères, mais je suis de mauvaise foi quand je veux. C'est très bien les voies vertes, ont y est même content deux fois, quand on la retrouve et quand on la quitte. L'étape se poursuit, sans forcer et se prolonge jusqu'à Gennes où je retrouve un couple de cyclo franco belge et Arthur, leur petit magicien de fils. Discussion, magie, café, échanges. Top.

Je quitte Gennes dans l'idée, dans un premier temps de faire comme la veille, tracer rapidement vers le premier marché. Mais je ne veux pas partir le ventre vide. En ville, la devanture de la charcuterie me fait de l'œil, plus besoin d'aller jusqu'au marché. J'ai trouvé mon petit déjeuner salé et robuste. Le boucher est âgé, il devrait déjà être à la retraite, mais il ne trouve personne pour reprendre son commerce. Je discute longtemps avec lui. Nous échangeons avec passion. Reprendre sa boutique, si je n'avais pas une route de la soie en tête, j'y songerais peut-être. Je déjeune donc d'un excellent rillaud et de bon pain à la terrasse du bar. Le secret d'un bon rillaud angevin selon l'artisan, lui laisser sa coenne et ses os pour le confire lentement dans la graisse. J'avoue que j'apprécie. Dans quelques kilomètres, l'appellation changera rillaud en rillon, et le morceaux de poitrine seront décoennés et désossés avant d'être confis. La différence est subtile, mais je ne peux donner tord aux rillauds. À Saumur, je prends le temps d'une bonne pause flânerie dans la ville, et d'un détour vers une cave à vin dont on m'a renseigné un vin rouge pétillant de cabernet franc, surprenant et atypique, comme j'aime. J'en prends une bouteille à partager avec les amis chez qui je serai dans deux jours. J'achète aussi dans une charcuterie reconnue, un pied de cochon finement désossé à la main. La patronne me dit qu'il faut absolument un four pour le réchauffer et le sortir bien croustillant, ce n'est pas vrai. Mon résultat accompagné de champignons locaux sera parfait rissolé à la poêle de la "popote".

Après Saumur, à Turquant, un panneau touristique attire mon attention. Musée des Pommes Tapées du Val de Loire. Taper des pommes ? Qu'est ce donc. Je pose Grimp'tout, je vais voir. Les Pommes Tapées du Val de Loire ont été développées dans la région quand le phyloxera a eu détruit toute les vignes. Il s'agit de pommes lentement séchées à basse température dans des fours troglodytiques pendant 5 jours. Tous les jours les pommes sont tapées au maillet et retournée. Le produit se conserve plusieurs années sec. Les pommes ainsi séchée descendaient la Loire par bâteau et auraient contribué à la lutte contre le scorbut des marins au XIXeme ainsi que très certainent au sauvetage économique de la région. Tombées en désuétude, suite au retour de la vigne, un passionné d'histoire locale, intrigué par la présence de plus de 200 four dans les alentours en à sauvé la recette au début des années 80 en interrogeant les anciens. Actuellement, le musée a sa propre production artisanale et développe sur base de la tradition sauvée des recettes modernes sucrées et salée. Je goutte une pomme réhydratée au vin de Saumur en discutant fruits secs et conserves avec Robin, le jeune et sympathique animateur du musée. Nous echangeons quelques idées de recettes et prenons chacun quelques notes. Je repars avec un sourire jusqu'au oreilles, ayant pu nourrir ma passion pour tout ce qui se mange et ce conserve.

Le soir, j'arrive à Chinon, j'y rencontre un couple de cyclo dont l'accoutrement me fait penser à des voyageurs au long cours. Effectivement, ils rentrent de 20000km en Amérique du Sud. Lui, l'arrogance de l'homme qui sait, parce qu'il a "fait" des pays. Moi qui pensais que ce type de voyage apportait un peu d'humilité... Elle est beaucoup plus sympatique mais il semble avoir du mal à supporter qu'elle puisse, elle aussi communiquer avec l'extérieur. Le soir, alors que je mange calmement dans ma bulle, il vient polluer mon pied de cochon de ses émotions négatives et plante sa tente à quelques mètres de la mienne. Enfin, je veux dire, elle plante la tente là où il a décidé, pendant qu'il continue son show. Insupportable et immédiatement bloqué sur tous les réseaux !

Je quitte Chinon, pour une courte étape caniculaire pour rejoindre St Epain. L'étape me semble longue, faut gérer la terrible chaleur et l'hydratation. 30 bornes suffisent pour aujourd'hui. Ce soir, j'ai rendez vous avec une Licorne.

Ce message issu de l'agriculture biologique à été rédigé avec des électrons recyclés. Il est en conséquence possible que des fautes d'orthographe s'y soient malencontreusement glissées
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Je te verrais bien reprendre une charcuterie artisanale là -bas. Ravie que tu trouves de quoi te sustenter, d’un pont de vue gastronomique évidemment et surtout intellectuel. Bizzz

Quel bonheur de pouvoir vous accompagner....

Joli !

Grrrr le pn 😡😡 Ca a l'air bon les pommes séchées.

De loin le plus beau texte que j'ai lu aujourd'hui. Tu fais du bien ! ☺😘

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03/08/20

003 Dreux-Carquefou-Varandes

Doucement, j'entre vraiment dans mon voyage, l'idée que plus de 400 km séparent mes étapes parisienne et nantaise, n'incite vraiment plus du tout à la course. L'envie d'arriver s'étiole au rythme des kilomètres qui défilent doucement. Je flâne, la route est belle. Le vent souffle du sud-ouest, je roule vers le sud ouest, sans forcer le nez dans le vent. Je prends aussi le temps d'un agréable détour par Mortagne au Perche, je veux absolument y goûter le célèbre boudin noir percheron. La boucherie que j'avais préalablement repérée est fermée pour cause de vacances. Je vais donc me renseigner à l'office de tourisme pour savoir où goutter les produits régionaux. On me donne trois adresses, un caviste/épicerie fine, un magasin coopératif de produits bio locaux, une boucherie. Je commence par le caviste. "Bonjour Monsieur, je sillonne à France à vélo à la recherche des spécialités culinaires locales"; "Monsieur, je ne vends pas de produits locaux, je vends de la qualité moi, j'ai des boudins basques, c'est meilleur!"; "Au revoir et merci". À la coopérative, je tombe sur une jeune vendeuse bien sympathique mais qui ne porte absolument aucun intérêt réel aux produits, elle vends, point ! J'achète un petit fromage affiné au cidre. La boucherie n'ouvre qu'à 16h, je patiente donc. Je me présente, la discussion commence, le boucher est jeune, l'œil pétillant et gourmand sous le masque quand il parle de ses préparations . Nous parlons cuisine, boudin, voyage, terrine, conserves. Si la "petite grippe" qui rode ne m'en empêchait pas, j'irais visiter son atelier. Je repars de chez lui avec des échantillons de boudin et terrine percheronne aux pommes. Cadeau! J'ai rencontré un boucher Licorne. En route, j'achète un bon pain, une bouteille de cidre pour accompagner mes chacuteries.

Je ne m'endors pas très bien, le vent fait un bruit presque assourdissant, stressant. Et je démarre donc le lendemain au diesel. Je suis sur la veloyssée, la véloroute qui relie Paris au Mont St Michel, je ne suis pas un grand fan des voies vertes quand elles sont des anciennes lignes de chemin de fer. L'impression de rouler pendant des heures dans un tunnel végétal monotone qui n'a d'autre avantage que de protéger un peu du vent et de permettre parfois de sympathiques et agréables rencontres. Ce matin, je rencontre Marion, Julien et Maxime, nous roulons ensemble jusqu'à Alençon, émulation de groupe oblige, nous faisons nos kilomètres les plus rapides du voyage. On parle de tout, enfin surtout de voyages à vélo et de cuisine. On s'échange quelques bons plans et nos contacts. Nos routes se séparent à Alençon, eux continuent sur la Vélodyssée, je file plus au sud vers les Alpes Mancelles. Ce ne sont pas les Hautes Alpes, certes, mais ce petit bout du massif armoricain m'occasionne une belle partie de manivelle, sans répit, s'enchaînent montées et descentes. Les paysages valent le coup dans cette région boisée et peu peuplée. Je traverse peu de villages, plutôt de petits hameaux autour des fermes. Le pied ! Le soir, fatigué, je bivouac en pleine nature en face d'un fort joli panorama.

Commencer, la journée par 5 km de descente, le top. J'ai quitté les Alpes Mancelles et je rejoins le vallée de Mayenne. Une voie verte, le long d'un cour d'eau naturel, c'est quand même bien plus sympathiques que les anciennes lignes de train. Ne fusse que parce que les villes et villages sont construits de long de l'eau et que la voie verte les traverse plutôt que de les contourner. Je m'arrête encore devant toutes les boucheries, les fromageries, les boulangeries. Je désespére de voir trop souvent des panneaux annonçant des fermetures définitives pour cause de retraite. Outre de ne plus avoir vraiment le choix d'acheter dans la grande distribution, ce qui me désole le plus c'est aussi de savoir que chaque fois qu' un artisan ferme boutique, c'est son savoir-faire qui se perd irrémédiablement, comme un livre que l'on brûle. Je goûte cependant une gogue, énorme boudin noir dont à forme ressemble fort au bloedpansch bruxellois, mais dont les ingrédients différent beaucoup. La présence de bettes et de poireaux en plus des oignons m'inspire.

J'arrive à Carquefou près de Nantes où réside une amie rencontrée dans un groupe FB. Nous passons un superbe moment de partage et de délires culinaires perchés.

J'ai repris la route le long de la Loire vers la Touraine. Je sens bien que le parcours officiel de "La Loire à vélo", ne sera pour moi qu'un fil d'Ariane que je quitterai au gré de mes humeurs, de mes envies de dénivelé. Heureusement l'année est calme. Mais il y a vraiment trop de monde pour moi sur cette véloroute.

Ce message issu de l'agriculture biologique à été rédigé avec des électrons recyclés. Il est en conséquence possible que des fautes d'orthographe s'y soient malencontreusement glissées.
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Quel beau périple ! Quel beau voyage et tout et tout... dommage, chui végétarienne mais les spécialités régionales.. une grande passion... Merci pour ce voyage épistolaire...

Mortagne au Perche.. Nous y avions bivouaquer un soir d'orage sur le terrain de foot... Quelle magnifique région..

J'ai vraiment du plaisir à lire tes récits, ça se lit tout seul et ça donne un peu l'impression de voyager avec toi.

Chouett récit et photos! Le boudin, c'est la vie😁

Ton voyage et celui d’un autre ami me donnent vraiment envie de faire quelque chose de semblable !

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25/07/20

J'ai quitté Yonval après une très bonne soirée autour d'un barbecue revigorant, j'ai repris la route vers Paris, bien décidé à ne plus tomber dans les pièges du début du voyage. La météo c'est améliorée, ce qui devrait aider à atteindre cet objectif simple. Je roule sur le voie verte de la Somme pendant une quarantaine de borne. Tout va bien, c'est beau, calme, apaisant. Le lendemain je reprends la route pour une étape variée qui commence par de belles montées et descentes. Je sens tout de suite la différence, les kg laissés chez mes amis sont significatifs, sans forcer, j'enchaîne, montées et descentes en douceur. Je suis vraiment enchanté du choix que j'ai fais de remettre des vitesses non indexée avec de vieilles manette sur ma potence, excellent compromis qui permet, pour la sécurité, de ne pas vraiment lâcher le guidon pour changer de rapport, mais qui permet aussi plus de souplesse dans les réglages fins.
La journée se termine sur une voie verte non revêtue. Fatigué je bivouaque en pleine nature, je ne sais trop où, sur le bord de la piste. Bonheur !

Je repars sur la voie verte, une ancienne ligne de chemin de fer à vapeur, ça devient monotone par moment, dur par d'autres. L'absence de revêtement oblige à continuellement pédaler, dès que j'arrête de pousser, Grimp'tout s'arrête. Et la voie s'interrompt subitement à Crèvecoeur, çe qui ne me le crève pas, j'en suis plutôt content. Retour sur les petites routes, je flâne, je musarde de villages en villages. Je découvre de forts sympathiques endroits si peu touristiques. Je roule bercé par les chants du blé mur qui crépite dans le vent et celui des oiseaux dans les bocages. Sans m'en rendre compte, j'avance bien. Doucement ça commence à sentir la région parisienne. La densité de population augmente, celle du trafic aussi. Envisager le bivouac sauvage devient plus compliqué. Je mets donc le cap vers un camping à un 50aine de bornes du centre de Paris, sur les bords de l'Oise. Rien de vraiment exceptionnel, mais ce geste sympathique du patron qui m'offre une bouteille d'eau fraîche à l'arrivée est bien agréable.

J'appréhende l'arrivée à Paris avec la remorque. Mon GPS me guide d'abord à travers champs, alternants petites routes, chemins et sentiers. À 21 km de l'hôtel que j'ai réservé en plein centre, je fais une dernière photo en pleine nature. 500m plus loin, je change de monde. La banlieue, ses cités, sa pauvreté, sa saleté, ses contrastes, ses bruits, ses odeurs... Mon tracé emprunte la piste cyclable de la N1 jusqu'à la Porte de la Chapelle. Infernale, la piste n'a de "cyclable" que le nom. Elle est encombrée de tout ce qui peut encombrer une piste cyclable. Je slalome entre poubelles et déchets divers, entre voitures et camions en stationnement, entre les objets les plus hétéroclites. Les piétons font de même avec ce qui leur sert de trottoir. Je suis sur le qui vive en permanence prêt à freiner. C'est la première fois depuis le début du voyage que les vitesses à l'ancienne de mon vélo ne sont pas un avantage. Ça manque un tout petit peut de vitalité dans les reprises. Pire, à chaque carrefour, la piste s'interrompt pour quelques mètres obligeant le cycliste à se remettre dans le flot des motorisés, sans priorité bien sûr. De toute façon qui la respecterait ici ? Cette pite est dageureuse, stressante et j'ai le sentiment comme souvent que rester dans la circulation, une fois pour toute, serait moins risqué que de devoir m'y réinsérer tout les 100m. Ce fichu monde du "tout à la bagnole a encore du boulot. Comme sur d'autre thème, les mots "circulations inclusive" me viennent en tête, comme sur d'autres thèmes ce n'est pas gagné. Le bruits deviennent assourdissants, les odeurs collantes en bouche... J'hésite entre fatigue et griserie. Je suis content d'enfin passer le périphérique, je suis même très agréablement étonné par le comportement des automobilistes ! Peut être ma remorque les inquiète-telle ? Ou alors mon air de voyageur égaré ? Mais le fair play sur la route dans Paris intra-muros est la bonne surprise de la journée. Je passe deux jours avec un ami. Nous refaisons le monde et bien plus encore... Émotions ! ÉMOTIONS !!!

La veille de reprendre la route, j'appréhende à nouveau, pourtant dès les premiers coups de pédale, je me sens bien. Je plane, je profite de la voie cyclable de la rue Rivoli, le Louvre, les Tuileries, la Concorde. J'approche des Champs Élysées, je ne resiste pas. Un aller retour s'impose. Un hommage, seul dans ma tête, à celui pour qui en juillet, le monde s'arrêtait tous les jours quelques heures et qui, pour rien au monde, n'aurait loupé l'étape finale. Heureusement mes lunettes sont foncées, sous le sourire se cache mes larmes parce que je sais aussi que je ne serais pas là si je ne l'avais pas rencontré. Je continue, un petit passage devant la Tour Eiffel s'impose. Du côté du Domaine National de Saint Cloud, je galère un peu au niveau de l'orientation, mon GPS me ramène vers des voies interdites aux vélos, je ne dispose pas de carte précise. Le dénivelé vers Versailles est conséquent dans la chaleur et l'air urbain. J'y vais lentement. À Versailles, je vois le château de loin, au travers des grilles. Outre les difficultés logistiques à laisser le vélo en sécurité, je n'ai pas non plus envie d'aller m'aglutiner dans la foule de touristes, foule sûrement relative par rapport à ce que ce pourrait être, COVID oblige, mais foule quand même. Je n'aime pas ça, je reste confiné avec Grimp'tout. Je reprends ma route,la traversées les Yvelines, même si elle s'avère plus simple que celle de la Seine Saint Denis, n'est pas pour autant facile. Ici il y a plus de panneau "Propriété Privée" que d'habitants. Le moindre terrain, le moindre bout de forêt est clôturé, si bien que la fatigue venant en fin de journée, il m'est difficile de trouver un lieu de bivouac. Et bien sûr pas le moindre camping en vue. Même le GR est entouré de deux clôtures distantes d'un mètre. On ne sais plus très bien de quel côté se trouve la Liberté. Je pourrais demander à des habitants de planter ma tente pour une nuit dans un jardin, mais les hauts portails barricadés ne laissent que peu d'espoir quand aux possibilités d'accueillir un cycliste errant. Je roule finalement jusqu'à la forêt de Rambouillet, où je m'installe tard à la tombée de la nuit. Fatigué.

La traversée de la forêt s'avère fort agréable. Des voies vertes, revêtues ou non, la forêt est belle. Je profite. Quand j'en sors par contre, tout change. Le paysage devient d'une monotonie affligeante. Des monocultures de blé à perte de vue, de longues lignes droites monotones, le vent de face. Les blés coupés ne chantent plus, mais rendent une odeur fade sans intérêt qui n' ajoute rien d'engageant. La nature n'existe plus. Quelques rares arbres, qui ne permettent pas d'arrêter le vent, quelques rares arbres surtout qui ne permettent pas non plus d'héberger le moindre oiseau. Les seuls bruits en dehors du vent sont humains, mes roues, les voitures, les tracteurs quelques camions. Infernal ! Le moral plonge, je m'ennuie sur le vélo, le nez dans le guidon, branché sur le GPS dont le compteur avance trop lentement, seul témoin de l'efficacité de mon pedalage. Je m'ennuie, je m'emerde. Que ça me semble long. Comme selon mon habitude, j'entre dans une charcuterie dont la devanture vieillie, me permet d'espérer que s'y préserve le savoir faire de plusieurs générations. "Bonjour, quelles sont les spécialités culinaires locales ?" "Rien, rien de spécial ici monsieur, pour avoir des spécialités locales il faut des produits locaux, et ici il n'y a que du blé, même ma viande vient de loin." Tout est dit ! Triste et pauvre région riche de rien. Quelques km plus loin, heureusement, à hauteur de Dreux, la nature reprend ses droits. Je remonte la vallée de l'Avre. Comme un Havre de paix. Une nuit compliquée, une météo peut engageante m'incite à un jour de repos et j'en profite pour écrire ces lignes.

Comme d'habitude, l'agriculture biologique, les electrons recyclés, les fautes d'orthographe.
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C'est vraiment un plaisir de te lire merci pour ce partage. Courage pour la suite de ton parcours 😊

Merci pour ton récit qui révèle un vrai talent descriptif : à te lire, les images viennent toutes seules ... Au plaisir de suivre ton périple !

Merci de ce récit. On m'avait dit qu'il n'y avait plus de problème pour traverser Paris et sa banlieue... A Bogota j'a fait vomme toi, j'ai fini par le mettre dans la vraie circulation, moins dangereux que leurs pseudos pistes cyclables...

Merci pour ce petit moment à voyager avec votre récit. 👍 🚴‍♀️

Magnifique Bonne poursuite de voyage

Joli récit bon courage quelle est la prochaine etape ?

C'était ou le camping à 50km de Paris ?

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19/07/20

Résumé des 5 premiers jours de doutes... Enfin je veux dire, de route.

J'ai pris la route en direction de Yonval près de Abbeville. Convaincu qu'en 4 étapes faciles j'y serais. J'ai quitté la maison, en début d'après midi, par beau temps et avec une légère brise dans le dos. Tout allait bien. Je sais que mon chargement est excessif, comme d'habitude ! Mais cette fois ci, j'ai peut être un peu exagéré dans les "ça peut toujours servir", je suis lourds. Très lourds. J'aime plutôt ça, d'avoir Grimp'tout, tout plein d'inertie qui réagit peu aux sollicitations. Un vélo bien enraciné à terre, me laisse un sentiment, un ressenti, de vraie liberté, d'indépendance et d'autonomie. Mais là j'ai peut être un peu forcé. En ai-je besoin ? Ou les "ça peut toujours servir" ne servent ils qu' à me rassurer dans mes (sales) habitudes terrestres. Vendredi en passant chez les amis, j'abandonnerai peut être l'un ou l'autre de ces brols. Mais est ce que 5 kg de moins changeront vraiment la donne ? Sur la longueur, les spécialistes de l'ultra léger diront sûrement oui, pratiquement la différence est peu sensible. Forcément j'hésite. Les mêmes spécialistes diront de toutes façons que je suis trop lourd, rien que par mon matériel de cuisine. Mais ça ce n'est pas négociable, c'est même presque la Marque de Fabrique "Cyclopathe Brownien". Malgré ce poids excessif et surtout celui du bonhomme qui manque d'entraînement (c'est aussi un classique), la première étape se passe plutôt bien. Les quelques bosses passent en douceur sans chercher le moindre instant à accélérer. Un peu après Saint Armand les Eaux, je décide de chercher un bivouac et me trouve un champs près de la rivière en pleine nature. Je mange, je monte la tente et je vais dormir, bonheur.

Le lendemain, 14 juillet, la météo annonce de la pluie, je me prépare donc à me lever tôt avant son arrivée. Je démonte vite et je pars. J'oublie littéralement de déjeuner. Ceux qui connaissent ma légendaire gourmandise et le thème de mon voyage, en seront évidement étonnés. Mais ce genre d'oubli, comme celui de boire est assez fréquent chez moi quand je suis absorbé voire stressé par une idée. Faudra t'il que, comme d'autres, je me mette des alarmes "manger", "boire"? En voyage, je ne l'ai jamais fait mais lors de mon IronMan et des entraînements qui en découlait, j'étais un bip bip ambulant. Je roule, la pluie arrive, légère, mais chiante, juste assez pour tremper le cycliste, ça ne m'aide pas à penser... À manger. Je déteste aussi déranger les gens et sonner aux portes pour demander de l'eau, habituellement je ne demande qu'à ceux qui sont déjà dans leur jardin. Mais un jour de pluie, ça ne fait pas grand monde. Je ne bois donc pas assez non plus. Après 40km, le neurone en dérive et les forces m'ayant presque entièrement abandonné, je m'arrête devant un magasin ouvert malgré le jour férié. J'achète quelques barres énergie mais je n'ai pas la tête à me faire un vrai repas. Je reprends la route, la pluie cesse, mais le vent s'est levé de face et mes sources d'énergie ne sont que faible. Bientot, un panneau "Camping municipal" me fait de l'œil. Je ne cherche pas de bivouac, je sais où je dors. Je monte rapidement ma tente, mais je m'endors à côté dans mes vêtements mouillés. Deux heures plus tard, le froid me reveille, affamé, épuisé. J'ai accumulé, en une journée toutes les bêtises de débutant que je pouvais. Ça commence fort !

Malgré une bonne nuit, le troisième jour de route sera, déjà, un jour de repos. Je sens bien que mon corps en a besoin. Il a surtout besoin que je l'écoute un peu plus....

Je repars donc physiquement reposé, en direction de Arras sur la voie verte. Symbole du monde "tout à la bagnole", des travaux l'obstruent. Mais aucun panneau, aucune indication et un accueil détestable par le responsable du chantier qui ne sait ou ne veut me renseigner. La déviation ce n'est pas de son ressort, lui il coule du béton. Je me débrouille et j'arrive à Arras sous un bon Ch'ti Crachin. Je visite la ville qui pour moi n'était qu'un panneau sur l'autoroute avant ça. C'est joli, et ça donne plutôt envie d'y revenir un jour en famille. Au moins pour déguster la spécialité locale, l'andouillette de Arras fabriquée à base de trippes de veau et assaisonnée d'échalote et de persil. Mais l'artisan boucher reconnu pour la spécialité est en vacances. Il faudra vraiment revenir. Je quitte Arras en ayant mangé un pic nic sans charme, mais au moins ai-je mangé, c'est déjà ça. La voie verte est un faux plat montant, monotone. Les sacoches sont toujours aussi lourdes mais c'est le poids des pensées qui m'empêche d'avancer serreinement. Ma tête est plein de doutes, je pense trop, je n'avance pas vite et mon corps qui n'est pas encore réhabitué aux effort longs et quotidiens n'en veut plus. Dans ma tête je ne suis pas en route pour quelques semaine en France. Je suis déjà un peu sur mon fil de Soi-e... Une pensée m'obsède, je parle d'aller jusqu'en Chine ou en tout cas loin vers l'Orient, je ne suis que dans les "Hauts de France" et je suis déjà à bout. Je repense à Bernard Ollivier et au premier départ de sa "Longue Marche" (à lire absolument). Il décrit bien ce moment de doute consécutif au départ, il en parle même comme d'une passade dépressive transitoire. Ma tête oscille entre, "ça va passer" et "ça va pas du tout". J'ai envie de tout abandonner, de toute façon je ne pense même pas en être capable. Galère et pensées en dérive. Puis subitement la voie verte s'interrompt, pour devenir un sentier forestier un peu boueux. Je m'amuse, le voyage revient, les jambes suivent. Je ne vais pas plus vite, même plutôt moins mais je m'amuse et les km défilent doucement. S'en suivent une 15aine de bornes sur une nationale chiante plein de camion, les doutes reviennent. Je pourrais dévier par les petites routes, mais au prix d'un dénivelé plus important. Ma tête pense que mes jambes n'en ont pas envie. J'avance, les idées sombres et de plomb comme le ciel. Je craque à nouveau pour le confort de la douche chaude dans un camping.

J'ai fait une autre erreur de débutant, j'ai essayé de dire à mes amis quand j'arrivais cher eux. Pourtant je m'étais juré de ne plus jamais le faire, parce que l'envie d'arriver reste définitivement le pire ennemi du voyageur, elle l'empêche de profiter de l'instant, elle lui scie les jambes et lui lamine le moral. Il me reste 40km pour Yonval, la journée pour les faire et le soleil de retour. Je parviens, enfin à lâcher un peu prise et à me brancher plus sur l'instant que sur mes doutes. La journée se passe calmement, je profite. Je fais même quelques crochets pour traverser les villages. Je découvre l'abbaye de Saint Riquier, malheureusement fermée. Je sors le drône et l'appareil photo pour quelques images. Tout va bien. Alors que je fais un pause à l'ombre, un monsieur m'aborde, il me questionne comme les autres. D'où venez vous ? Où allez vous ? Combien de bornes par jours ? Puis il s'inquiète de savoir si j'ai à manger, à boire et même un endroit pour dormir le soir. Il m'invite chez lui. Moment de bonheur, j'ai rencontré un monsieur Licorne, le genre de ceux qui me rappelle pourquoi je pédale. Mais ce soir je dors chez des amis. Quand, il repart, dans sa voiture qu'il avait arrêtée pour venir me parler, sans rien dire, il dépose à côté de Grimp'tout une bouteille d'eau fraîche. Merci monsieur Licorne.

Les vraies photos sont poir plus tard. Elle sont dans la memoire de l'appareil photo.

Ce message est issu de l'agriculture biologique et a été composé avec des electrons recyclés. Il est possibme que des fautes s'y soient glissées.
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Quel plaisir de lire ce périple. Digne d’un roman d’aventure. Bon courage et déjà chapeau pour les Km accomplis.

Bon courage.. Et Bravo.. Tu m'as bien fait voyager, avec toute la difficulté de ce périple. Ce n'est pas rose tout les jours, et heureusement, il y a de belles choses à voir et de belles rencontres..

Joli texte, belle écriture, on voyage un peu avec toi, bonne continuation.

Courage tu vas y arriver licorne 😉😊

Bon courage et bonne route

Pareil pour moi lors de mes longues sorties, je n'ose pas sonner aux portes pour demander de l'eau et, tout comme toi, je guette des gens dans leur jardin ou un cimetière lol Bon courage et surtout "bon plaisir" pour ton voyage. Je ne manquerai pas de te lire. Bizz

Oups, dans le commentaire précédent, j'ai oublié un autre talent... celui de savoir écrire ! 👌😉👍

Merci pour le récit. Il me semble que tu te poses bcp trop de questions!

Courage ☺

Même si dans chaque objectif qui ne devrait pas en être un en soi, nous somme tous dans le doute. Vais-je y arriver ? Combien de km? La question à se poser chaque fois, est-ce que je me sens bien ? Est-ce une ressource ? J’adore lire tes récits😍 ils sont tellement vrais 😉 bon pour l’andouillette, sans moi😜 Bonne route l’ami et au plaisir de te lire 😘

J ai beaucoup apprécié ton récit ,plein de pudeur mais aussi et surtout plein de vérités ,c est déjà un bon début de coucher tout cela en mots ,je te souhaite le meilleur pour la suite ,force et courage et surtout plaisir

Bonjour, merci pour ce partage d'expérience.. Des erreurs on en fait tous. Au fil des jours, vous allez vous adapter au voyage, à cette liberté qui est si agréable quand on dépend de personnes. Vous êtes le seul maître à bord.. Il sera facile en chemin de se décharger des doutes et du surplus qui vous rassure et quelques difficultés mettrons un peu de piment dans votre aventure. Bon vent monsieur. 👍 🚴🚴🚴

Merci d'avoir partage ces difficultes et ces erreurs de debutants ... au moins je suis prévenue car je n'en suis u'a l'idee de faire un voyage a velo en autonomie !!

Très sympa ce récit. J'avoue que niveau chargement on est pas mal 😁Je n'avais pas de sacoches à l'avant et quasiment autant à l'arrière et je me suis promis de repartir plus léger pour la prochaine fois .

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Il y a des bouquins comme ça. Dont le simple résumé interpelle.

Puis ça se dévore en quelques heures.

Lhistoire dun gars qui prend la route... A lire!
15/06/20

Il y a des bouquins comme ça. Dont le simple résumé interpelle.

Puis ça se dévore en quelques heures.

L'histoire d'un gars qui prend la route... A lire!
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Méfie-toi des aliens quand-même 😁

oh je veux bien le garder pendant un voyage!!! 🙂

Les frontières souvrent bientôt. Ce nest pas comme si ça me donnait des idées. Et si le vélo nétait plus le seul moyen davancer?
05/06/20

Les frontières s'ouvrent bientôt. Ce n'est pas comme si ça me donnait des idées. Et si le vélo n'était plus le seul moyen d'avancer? ... Lire la suiteVoir moins

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J'ai autant de joie à randonner å pied qu'à vėlo ... 🚴‍♂️🚶‍♂️ Avec une nette préférence pour la montagne ... 🙂

21/05/20

Une micro aventure, vraiment pas comme les autres pour moi aujourd'hui. J'ai sorti le vélo de mon beau père, Gégé, pour aller faire un tour. Avant de vous parler de ma sortie. J'ai envie de vous parler un peu de lui et de son vélo.

Lui d'abord, dans ma vie de jeune adulte, il a été, il y a 30 ans, une de premières personnes que j'ai rencontrée avec qui je ne me sentais pas en décalage complet. Il était bizarre, même très bizarre. Pas bizarre comme moi, mais autant que moi. Et il avait une passion dévorante pour le vélo. Au risque de vexer mon père qui m'a appris à tenir sur deux roues c'est Gégé qui m'a appris à rouler a vélo.

Il disait si tu trouves une montée dure c'est soit que tu pousses trop gros, soit que tu veux aller trop vite, probablement les deux. A de très rare exception prêt, pour lui aucun col n'était vraiment dur, parce qu'il prenait son temps. A 80 ans quand il est définitivement descendu de son velo en septembre son compteur marquait encore plus de 5000 bornes comptabilisées dans un de ses précieux carnet où il notait toute ses sorties.

Il avait fait fabriquer sur mesure deux vélos dans les atelier Alex Singer de Levallois. Vélos que nous avons fait restaurer il y a un an. Mais il m'a fallut un an pour m'accorder la légitimité de sortir sa machine. Un an pour me sentir assez en forme dans mon corps et dans ma tête pour pouvoir aller pédaler sur son vélo.

Et il ne s'était pas trompé, avec sa machine, les 20% pavés du Muur de Grammont ne sont qu'une taupinnière, facile. Je me suis fait dépasser par 10 "cyclistes" mais je suis arrivé au sommet à peine essoufflé. En prenant le temps aucune côte n'est jamais dure. Une fois de plus, le vieux avait raison.

J'avais de belle jambes, malgré ma grosse sortie d'hier, le vélo avançait tout seul. Petit détour par le café où il organisait la "contrôle" de sa rando annuelle. Et où hasard de l'histoire, j'ai bu pour ma toute première fois de ma vie une bière. Évidement fermé.

Putains d'émotions... J'aimerais bien ne pas rouler sur son vélo, j'aimerais tellement qu'il puisse encore...

Voici ce que je disais de lui il y a quelques année...

cyclositetriathlon.wordpress.com/2016/06/09/gere-pour-ton-anniversaire-jai-fait-une-connerie/
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Merci Arnaud. C'est magnifique.

Très émouvant ce texte, merci.

Un superbe hommage très respectueux. On aurait aimé rencontrer cet homme passionné de vélo et, on le devine, probablement sage .

Merci pour ce beau texte

L'erreur des débutants : trop vite, trop long ... et c'est pour cela que nombre d'entre aux abandonnent assez vite ... A leur décharge, ces premières randos avec des potes aguerris fonceurs, qui vire a cauchemar de vitesse et de fatigue. Valable aussi pour les enfants, aussi à pieds en randonnée ou en montagne ... 🙂

Comme d'habitude, ta plume fait mouche mister Touffe ! ✒😉👍

Merci pour ce récit C'est plaisant à lire

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Vous êtes relativement nombreux à me demander des nouvelles de mon projet en ces temps de confinement. Comment je le vois, comment je le sens ? Et la réponse est fort compliquée, vous vous en doutiez un peu. Je ne sais pas bien par où commencer. Alors commençons peut être par le sentiment qui domine tous les autres. La rage, la colère ! 

La rage et le colère contre moi-même dabord, contre moi-même surtout à vrai dire, le reste nen étant finalement quune conséquence ou un prémice ; cest encore lhistoire de la poule et loeuf, on ne sait plus très bien par où ça commence. La colère davoir attendu si longtemps pour mettre concrètement en place ce départ dont je rêve depuis 35 ans. La colère de tout ce temps perdu à attendre pour me donner le feu vert que le monde me donne le feu rouge. La colère davoir attendu pour partir faire un petit tour de la planète, lannée où même faire un petit tour du quartier est vivement déconseillé, voire interdit. La colère de ne pas mêtre réellement écouté plus tôt et de me laisser mempêtrer dans des situations qui ne répondent quà des besoins fictifs que je me crée, que je mimpose, par convention, par habitude, par facilité. 

La colère et le découragement ensuite. La colère contre le monde entier, contre lhumanité en laquelle je crois chaque jour de moins en moins. Lhumanité dont les gesticulations arrogantes et égocentristes à préserver sa propre survie en dépit de lHarmonie de lUnivers en devient soit pathétique, soit risible, suivant lhumeur dans laquelle je regarde. Longtemps jai cru que la part du Colibri avait un sens réel, que les petits combats faisaient les grandes victoires ou pouvaient y mener, lhéritage sans doute davoir été éduqué par une génération qui a connu la guerre comme disaient les anciens. On ma tellement souvent dit quil ne fallait pas laisser tomber, simplement parce que ce nétait pas permissible. Parce que laisser tomber, parce que abandonner les combats cétait laisser gagner lennemi. Jai limpression dy avoir mis du mien, selon mes moyens, davoir fait de mon mieux comme le dit lexpression, et quand je regarde le monde, dans sa globalité, chaque jour jai limpression que cest pire que le veille. Je me suis pris à imaginer une autre fin à la légende du Colibri, une fin qui me semble peut être moins morale, ou moins politiquement correcte mais dont le réalisme me désole, un peu. De moins en moins à vrai dire. « Et lagitation du Colibri attira le regard dun rapace qui passait par là. La forêt fut détruite par le feu et le rapace qui avait mangé eut l’énergie nécessaire et put rejoindre une contrée lointaine. Le rapace vécu heureux, il eut de nombreux petits rapaces dont il mangea les plus faibles. » 

Jai envoyé assez dondes négatives pour aujourdhui. Et le voyage ? Quand je me lève le matin, je me dis quoctobre cest encore loin, que dici là « ça » ira mieux, et que je pourrai prendre la route de la soie. Dans laprès midi, je me dis que, peut être faudra til voir un peu plus petit, se « contenter » dun tour de lEurope, cest un peu moins enthousiasmant, entre autre parce que jai déjà pédalé dans la majorité des pays envisagés, mais jai apprécié tous ces voyages alors pourquoi pas ? Le soir quand je me couche, je mimagine faire le Tour du Hainaut Occidental, cest bien le Hainaut Occidental, il est même sen doute possible de bivouaquer discrètement dans le Parc du Chateau de Beloeil... ensuite le sommeil ne vient pas. 

Un truc est sûr, le besoin de partir évoqué précédemment est toujours là, plus que jamais. Je ne sais ni vers où, ni exactement quand je prendrai la route, mais je sais que rester, me demande chaque jour plus de courage quil ne men faudrait pour affronter le plus raide des cols. Alors le départ reste une certitude, le plus vite possible.
11/05/20

Vous êtes relativement nombreux à me demander des nouvelles de mon projet en ces temps de confinement. Comment je le vois, comment je le sens ? Et la réponse est fort compliquée, vous vous en doutiez un peu. Je ne sais pas bien par où commencer. Alors commençons peut être par le sentiment qui domine tous les autres. La rage, la colère !

La rage et le colère contre moi-même d'abord, contre moi-même surtout à vrai dire, le reste n'en étant finalement qu'une conséquence ou un prémice ; c'est encore l'histoire de la poule et l'oeuf, on ne sait plus très bien par où ça commence. La colère d'avoir attendu si longtemps pour mettre concrètement en place ce départ dont je rêve depuis 35 ans. La colère de tout ce temps perdu à attendre pour me donner le feu vert que le monde me donne le feu rouge. La colère d'avoir attendu pour partir faire un petit tour de la planète, l'année où même faire un petit tour du quartier est vivement déconseillé, voire interdit. La colère de ne pas m'être réellement écouté plus tôt et de me laisser m'empêtrer dans des situations qui ne répondent qu'à des besoins fictifs que je me crée, que je m'impose, par convention, par habitude, par facilité.

La colère et le découragement ensuite. La colère contre le monde entier, contre l'humanité en laquelle je crois chaque jour de moins en moins. L'humanité dont les gesticulations arrogantes et égocentristes à préserver sa propre survie en dépit de l'Harmonie de l'Univers en devient soit pathétique, soit risible, suivant l'humeur dans laquelle je regarde. Longtemps j'ai cru que la part du Colibri avait un sens réel, que les petits combats faisaient les grandes victoires ou pouvaient y mener, l'héritage sans doute d'avoir été éduqué par une génération qui a connu la guerre comme disaient les anciens. On m'a tellement souvent dit qu'il ne fallait pas laisser tomber, simplement parce que ce n'était pas permissible. Parce que laisser tomber, parce que abandonner les combats c'était laisser gagner l'ennemi. J'ai l'impression d'y avoir mis du mien, selon mes moyens, d'avoir fait de mon mieux comme le dit l'expression, et quand je regarde le monde, dans sa globalité, chaque jour j'ai l'impression que c'est pire que le veille. Je me suis pris à imaginer une autre fin à la légende du Colibri, une fin qui me semble peut être moins morale, ou moins politiquement correcte mais dont le réalisme me désole, un peu. De moins en moins à vrai dire. « Et l'agitation du Colibri attira le regard d'un rapace qui passait par là. La forêt fut détruite par le feu et le rapace qui avait mangé eut l’énergie nécessaire et put rejoindre une contrée lointaine. Le rapace vécu heureux, il eut de nombreux petits rapaces dont il mangea les plus faibles. »

J'ai envoyé assez d'ondes négatives pour aujourd'hui. Et le voyage ? Quand je me lève le matin, je me dis qu'octobre c'est encore loin, que d'ici là « ça » ira mieux, et que je pourrai prendre la route de la soie. Dans l'après midi, je me dis que, peut être faudra t'il voir un peu plus petit, se « contenter » d'un tour de l'Europe, c'est un peu moins enthousiasmant, entre autre parce que j'ai déjà pédalé dans la majorité des pays envisagés, mais j'ai apprécié tous ces voyages alors pourquoi pas ? Le soir quand je me couche, je m'imagine faire le Tour du Hainaut Occidental, c'est bien le Hainaut Occidental, il est même s'en doute possible de bivouaquer discrètement dans le Parc du Chateau de Beloeil... ensuite le sommeil ne vient pas.

Un truc est sûr, le besoin de partir évoqué précédemment est toujours là, plus que jamais. Je ne sais ni vers où, ni exactement quand je prendrai la route, mais je sais que rester, me demande chaque jour plus de courage qu'il ne m'en faudrait pour affronter le plus raide des cols. Alors le départ reste une certitude, le plus vite possible.
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19/03/20

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Visiblement, ça pointe (et quelle pointe !) à l'est ! 😉👍

19/03/20

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Bonjour à tous, 

Un peu de lecture en attendant.

Nous sommes tous confinés, en quarantaine. Certains rongent leurs freins face au report de leur départ à une date encore indéterminée, dautres rentrent précipitamment plus tôt que prévu, plein démotions diverses. Dautres encore sennuient à la maison en chômage temporaire... Alors cest le moment de lire, ou de relire. Jen profite donc pour vous partager un des livres qui ma le plus inspiré dans le rêve de mon projet. 

Bernard Ollivier a parcouru seul, la route de la Soie à pied, en 4 grandes étapes de quelques mois. De son voyage, il a écrit 3 livres sublimes que je classe parmi les meilleurs récits de voyage que jai pu lire et jen ai lu quelques uns. La plume aiguisée du journaliste en retraite active, nous livre un récit de lépopée, personnel et sans concession de lépopée. Récit qui oscille sans cesse entre la relation d’éventement simplement factuel, de rencontres souvent enrichissantes parfois un peu stressante, mais surtout Bernard Ollivier nous livre ses sentiments, ses émotions face à la route, ses joies, ses doutes, ses réflexions. Tout ça, fait de ses trois livres un monument dans le genre, une ode au voyage lent, encore plus lent que celui du cycliste. A lire, à relire indispensablement. 

La Longue Marche Tome 1, 2 et 3 

PS : si les deux premiers tomes sont magistraux, le troisième lest un peu moins à mon avis. Le voyage étant terminé, on sent que lauteur a moins envie décrire et quil le fait pour ses lecteurs. Cest juste un tout petit peu moins bon. 

PS 2 : Il existe un quatrième tome : « La longue marche suite et fin » écrit quelques années plus tard, pas encore lu pour ma part, il est dans la pile « to read ». Et quelques autres ouvrages de lauteur que je nai pas encore ouvert.
17/03/20

Bonjour à tous,

Un peu de lecture en attendant.

Nous sommes tous confinés, en quarantaine. Certains rongent leurs freins face au report de leur départ à une date encore indéterminée, d'autres rentrent précipitamment plus tôt que prévu, plein d'émotions diverses. D'autres encore s'ennuient à la maison en chômage temporaire... Alors c'est le moment de lire, ou de relire. J'en profite donc pour vous partager un des livres qui m'a le plus inspiré dans le rêve de mon projet.

Bernard Ollivier a parcouru seul, la route de la Soie à pied, en 4 grandes étapes de quelques mois. De son voyage, il a écrit 3 livres sublimes que je classe parmi les meilleurs récits de voyage que j'ai pu lire et j'en ai lu quelques uns. La plume aiguisée du journaliste en retraite active, nous livre un récit de l'épopée, personnel et sans concession de l'épopée. Récit qui oscille sans cesse entre la relation d’éventement simplement factuel, de rencontres souvent enrichissantes parfois un peu stressante, mais surtout Bernard Ollivier nous livre ses sentiments, ses émotions face à la route, ses joies, ses doutes, ses réflexions. Tout ça, fait de ses trois livres un monument dans le genre, une ode au voyage lent, encore plus lent que celui du cycliste. A lire, à relire indispensablement.

La Longue Marche Tome 1, 2 et 3

PS : si les deux premiers tomes sont magistraux, le troisième l'est un peu moins à mon avis. Le voyage étant terminé, on sent que l'auteur a moins envie d'écrire et qu'il le fait pour ses lecteurs. C'est juste un tout petit peu moins bon.

PS 2 : Il existe un quatrième tome : « La longue marche suite et fin » écrit quelques années plus tard, pas encore lu pour ma part, il est dans la pile « to read ». Et quelques autres ouvrages de l'auteur que je n'ai pas encore ouvert.
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Faut que je me le procure

Pour fêter larrivée du 500ème abonné de cette page. Et 7 mois avant le départ, A table sur un fil de soi-e soffre un joli logo. Moi jadore !!!
🦄🦄🦄💙🌠

Tadam... Il est là.
10/03/20

Pour fêter l'arrivée du 500ème abonné de cette page. Et 7 mois avant le départ, A table sur un fil de soi-e s'offre un joli logo. Moi j'adore !!!
🦄🦄🦄💙🌠

Tadam... Il est là.
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Avec un joli logo comme celui-là, on pourra pas dire que tu es à l'ouest Que du contraire 😉

08/03/20

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